Revue sonore de ce grand week-end

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Quatre jeunes journalistes. Quatre regards sur l’actualité du week-end du 11 & 12 mai 2013. 

Ségolène  Jonquoy.

Marion Ferrère.

Ségolène Poirier.

Fanny Lattach.

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PSG : un public taillé pour la Ligue des champions

Les "nouveaux" supporters parisiens dans les travées du Parc

Les « nouveaux » supporters parisiens dans les travées du Parc

Après la défaite contre Reims, Léonardo, le directeur sportif du PSG, a dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas : « Notre équipe est une équipe faite pour les gros matchs, c’est une équipe taillée pour l’Europe ».  Oui c’est juste, mais Ibrahimovic et ses coéquipiers ne sont pas les seuls à être digne de la C1, les nouveaux supporters du Parc des Princes aussi.

Mercredi 6 mars, 21h55 environ, 24 rue du commandant Guilbaud, Jonas, le milieu de terrain brésilien du FC Valence, envoie une flèche en plein coeur de l’orgueil du public parisien. Les espagnols mènent un but à zéro. Un second et le PSG sera éliminé de la Ligue des champions dès les 8èmes de finale.

Il se produit alors quelque chose qui avait disparu depuis bien longtemps dans le sud-ouest du 16ème arrondissement parisien, depuis la mise en place du « plan Leproux » en fait. Ce stade de légende s’est enflammé 30 secondes après la banderille valencienne. Le parc a hurlé, chanté, poussé son équipe, et dix minutes plus tard, Lavezzi et la grinta argentine égalisaient. Fou de joie, le joueur du PSG enlève son maillot et se jette à genoux sur la pelouse, le torse en avant, pour effectuer cette glissade si caractéristique aux footballeurs. Les 45 011 spectateurs du Parc entrèrent alors en totale communion.

La joie de Lavezzi après son égalisation du genoux contre Valence

Pour avoir fréquenté les travées du stade pendant les « années ultras », depuis septembre 2010, je ne reconnaissais plus cette enceinte. Mercredi, j’ai à nouveau frissonné. Mais pourquoi bon sens, attendre ce match de C1 et la peur de l’élimination pour retrouver cette ferveur unique ?

Le « plan Leproux » et sa réussite

Après la mort de Yann Laurence, battu à mort le 28 février 2010 en marge d’un PSG-OM, sans supporters marseillais il faut le préciser ; Robin Leproux président du club francilien de l’époque, édifiait un plan de sécurité visant à mettre dehors les 15 000 supporters les plus passionnés et fidèles du parc. Ces abonnés historiques, ce sont vus dans l’impossibilité de se réabonner dans la tribune de leur choix. Résultat : pendant un an, le Parc des Princes est devenu le stade le plus insignifiant de Ligue 1, avec une moyenne de 20 000 spectateurs par match, et ce malgré la gratuité pour les femmes et les enfants, ainsi que des places à 12 euros en virage pour les hommes.

L’arrivée des nouveaux propriétaires qataris un an plus tard et celle de joueurs de classe internationale a amené les supporters à reprendre le chemin du stade. Désormais, Ibrahimovic, Beckham, Lucas et compères jouent tous leurs matchs dans un stade à guichets fermés, mais devant de nouveaux supporters.

Un public de LDC, et non un simple public héxagonal 

La Ligue 1, c’est ce championnat où vous avez 38 journées pour décrocher le titre, 38 matchs à jouer contre des équipes telles que Reims, Sochaux, Ajaccio ou encore le modeste club d’Evian-Thonon Gaillard. Aujourd’hui, le seul match passionnant pour la dream team parisienne et ses supporters sera un PSG-OM, voire peut-être un PSG-Lyon. Quand vos superstars font un mauvais match qui débouche sur une contre-performance contre les petites équipes citées précédemment, vous faites la moue, vous sifflez, et vous rentrez chez vous la tête basse à travers les allées sombres menant aux couloirs bondés de la ligne 9.

Parce qu’en Ligue 1, vous avez toujours la possibilité de vous rattraper le week-end suivant. Même en jouant très mal, vous avez Zlatan qui peut vous sortir un coup magique de son chapeau et Ibracadabra vous voilà avec trois points de plus dans l’escarcelle. La réalité, c’est que le public parisien n’est que moyennement emballé à chaque rencontre de championnat, car même s’il ne l’avoue pas, il est plus que confiant quant à la victoire finale. En cas de faux pas, il y a la possibilité de se rattraper le week-end suivant et d’infliger un cinglant 4-0. Nos amis bastiais, troyens ou toulousains s’en souviennent.

La Ligue des champions est une autre histoire, surtout à partir des 8èmes de finales. Les 16 meilleures équipes européennes (et donc mondiales…) se retrouvent dans un format match aller-retour. A chaque tour, il s’agit d’un match couperet, sans le droit de trébucher, sous peine de tomber dans le fossé.  Les supporters rouge et bleu redeviennent alors exigeants, passionnés, impitoyables quand la musique composée par Tony Britten se met à raisonner et que forcément vos poils se hérissent.

L’hymne de la LDC, vous savez celui qui vous donne la chair de poule.

On est à Paris, et on le sait, les parisiens sont des grincheux. Pourtant, la ferveur parisienne n’a en fait jamais disparue.  Malgré la hausse exponentielle du prix des abonnements et des places en virage, Boulogne et Auteuil, sont restées des tribunes « populaires », garnies d’inconditionnels du PSG, mais dorénavant on peut également y croiser occasionnellement un touriste suédois et sa compagne, grande, blonde avec des sacs Chanel déposés en consigne…un véritable changement d’époque.

Mateo G. H.

Avoir un cheval Barbie en 5 leçons

Vous êtes une fille, jeune, fan de mode et les chevaux vous font rêver ? Vous êtes un mec, jeune, fan de mode et vous n’osez pas avouer que les chevaux vous font rêver ? Quelques conseils pour vous faire découvrir les bases de la mode équestre.

Leçon 1 : vive le rôze !

Si le rose clair vous fait pâlir, n’hésitez pas avec les couleurs flashy : rose bonbon, fushia, rose fluo. A tous ceux qui vous diront que « ça fait fille », répondez que non, pas du tout, ça s’accorde. « Avec quoi ? », risque de demander l’insolent quidam. Mais à la robe, voyons.

Ici, un petit rappel s’impose. Parler de robe, ce n’est pas évoquer dentelle et autres froufrous, mais bien de la couleur d’un cheval. Avec quelle robe va le rose ? A peu près tout ce que la décence permet, à commencer par les robes sombres comme le noir pangaré, le bai brun, car cela fait ressortir la couleur. Si Ouragan ou Gamin sont gris, ça passe aussi. Si le cheval est alezan, c’est-à-dire marron clair, le tapis de selle rose siera peut-être un tantinet moins bien à votre monture, mais passons.

L’important est ensuite d’arborrher le total look girly : l’ensemble rose. Tapis de selle, guêtres, bonnet, voir filet ou couvertures, c’est ici que vous ferez la différence avec l’ado lambda qui a acheté son tapis dans le magasin de sport du coin.

D’ailleurs, jugez-en par vous-même

La mannequin et cavalière anglaise Katie Price Jordan pour KP Equestrian joue la baby doll sexy, en rose bien sûr

Leçon 2 : tout ce qui brille

Vous vous levez à 6h dimanche matin pour partir en concours  et vous avez du sacrifier un samedi soir endiablé sur les dancefloors ? Rassurez-vous, la mode est là pour vous soutenir : maintenant, strass et paillettes sont tendances au club et en compet’ ! Fini les bombes de papi Michel, le chic s’invite sur les casques – oui maintenant ne dites plus « bombes », c’est ringard. Le premier a oser fut Samshield. Avec une coiffe pareille, interdit de tomber dans la boue, svp.

Chez Samshield, le modèle le plus luxueux est serti de diamants Swarowski

Uvex a aussi sorti cette année un casque très travaillé. Là encore, foncez, et laissez tomber la discrétion.

Le modèle Uvex suxxed gold est décoré de fines rainures. Au milieu des casques noirs, impossible de passer inaperçue.

Votre porte-monnaie d’adolescente ou de jeune femme ne vous laissera pas forcément l’occasion de dépenser une somme rondelette pour de tels casques. Pourtant, pas d’excuse pour les fashions victimes: il est fortement conseillé de se rattraper sur des objets plus abordables comme le must have : le frontal en strass et ses dérivés (bonnet avec strass, tapis entouré de strass…)

Si la leçon 1 a été correctement assimilée, vous pouvez toujours tenté la combinaison rose + strass

Une combinaison pas toujours bien maîtrisée…

Leçon 3 : rester IN

Le plus dur dans la mode, c’est de durer. Il faudra se renouveler sans cesse avant que la cohorte de filles de votre cours du samedi après-midi ne vous pique vos idées fashion. Avoir un cheval stylé demande beaucoup d’efforts, comme de guetter les ensembles originaux qui feront la différence à coup sûr.

A l’approche de Nöel, imposez votre style « Cheval, mon beau sapin » avec un look red & white que vous pouvez même vous d’offrir d’occasion.

Ceci n’est pas un rêne.

Envie d’évasion ? Avec ce look 100% savane, chevauchez vers de nouvelles aventures

Vainqueur du Stockholm International Horse Show, Linda Heed a gagné cette chemise signée H&M

Un look aussi disponible en version plus sauvage, avec un imprimé léopard qui a fait ses preuves.

Leçon 4 : bloger, twitter, shoper

Faire du shopping pour le cheval est votre activité principale, peut-être plus que monter. Mais avant d’acheter, apprenez à déminer le terrain. De nombreux blogs de mode équestre décryptent les dernières tendances, pour vous comme pour votre monture, histoire de ne pas faire de fashion       faux-pas, comme ci-dessous.

Tapis « Velour effet peau de bête », motif vache, des créations Rocs’Ann

Mieux, les forums regorgent de sujets sur l’équipement, plus ou moins utiles, que vous pouvez copier pour votre cheval. Malgré la concurrence des couleurs traditionnelles comme le bleu, ou celles qui font mal aux yeux comme le jaune clair ou le orange, le rose est LA tendance (cf : leçon 1)

Sur les réseaux sociaux, trouvez-vous une bande de filles aussi cools que vous pour papoter tapis de selle et bandes de repos. Feuilletez Cavalières, le mag équestre 100 % féminin, et n’oubliez pas Twitter : là encore, soyez au courant avant toutes les autres.

Leçon 5 : Assumer

Vous allez avoir à essuyer de nombreuses critiques, des néophytes aux personnes dénuées de tout sens de la mode. Votre tâche sera longue, mais gardez en tête qu’après ces 5 leçons, vous êtes en mesure d’avoir, vous et votre cheval, la pink attitude  :

Que le rêve,

Devienne réalité

Fanny Lattach

Le Cirque du Soleil, seconde vie des champions

Mille quatre cents artistes, vingt-deux spectacles à travers le monde et des millions de spectateurs. Le Cirque du soleil connait un succès international depuis sa création à Montréal en 1984. Une réussite qu’il doit à ses artistes. Près de 50% d’entre eux sont d’anciens athlètes de haut-niveau. Le Cirque représente pour eux une seconde chance de vivre de leur passion. 

Marine Debauve, Ludivine Furnon, Isabelle Séverino ou encore Julien Coudert… La liste est longue. Tous sont des champions de gymnastique, de tumbling, de trampoline, de GR… Tous se sont aujourd’hui retirés des compétitions internationales. Tous ont intégré le Cirque du Soleil et participé à son succès.

cirque

Alegria, le spectacle phare du Cirque du Soleil, est bientôt de retour à Paris

Depuis plus de vingt ans, le Cirque déniche ses artistes parmi les équipes nationales. « Avec ces sportifs, nous pouvons monter des spectacles de très haut niveau », explique Philippe Agogué, l’un des recruteurs du Cirque. Afin de trouver ses perles, le Soleil déploie ses équipes de dépisteurs. Leur terrain de jeu: les compétitions, les galas, les festivals de la planète entière. Aucun talent ne doit leur échapper. Le Cirque est même prêt à les attendre. En 2004 lorsqu’il est approché, Julien Coudert, alors capitaine de l’équipe de France de Tumbling, n’est pas prêt. « Je désirai terminer comme il se doit ma carrière de tumbleur », explique-t-il. Recontacté l’année suivante, le Cirque l’envoie en formation à son QG de Montréal et lui confie un rôle au sein du spectacle Alegria, le show de référence du Soleil. « J’ai amélioré mon style, et puis j’ai pu développer mes qualités d’acteur », souligne l’ancien champion. L’art: le «plus» du Cirque du Soleil. Au delà des acrobaties, le show repose aussi sur la comédie. L’alliance des deux disciplines rend le spectacle magique.

« Je n’en serais pas là sans le Cirque »

Marine Debauve, ici au Championnat du Monde de tumbling en 2010, a rejoint le spectacle KA à Las Vegas

Pour Marine Debauve, championne d’Europe en 2005 au concours général,  le Cirque a été un moyen de garder un pied dans son univers : celui de l’acrobatie – voir interview. « Je gagne ma vie en faisant ce que j’aime ! C’est un travail, je peux vivre de ça, ce n’était pas le cas avec la gym ! », explique l’ancienne gymnaste aujourd’hui membre de la troupe KA, qui se produit à Las Vegas. Pour d’autres, le Soleil a été une révélation. Le parcours de Ludivine Furnon en témoigne. Connue pour être la plus jeune française médaillée au championnat du Monde, en 1995, à seulement 15 ans, elle rafle le bronze pour son mouvement au sol. Elle resplendit désormais dans un duo d’acrobatie nommé Osmose. En 2011, Ludivine a d’ailleurs fait une apparition remarquée dans l’émission « La France a un incroyablement talent ». « Ce fut une très belle expérience, et je n’en serais pas là aujourd’hui sans le Cirque du Soleil », a-t-elle admis à de nombreuses reprises. La scène, les acrobaties, le contact avec le public… Ludivine Furnon a fait du cirque son métier permanent.

100 dollars par show, 9 fois par semaine

Ludivine Furnon évolue désormais avec le duo Osmose qu’elle forme avec Martin Charrat

Le Soleil offre une seconde chance aux athlètes « retraités » : celle de s’épanouir enfin comme ils le souhaitent dans leur discipline. « On ne se prépare plus pour une échéance, notre travail n’est plus tourné uniquement vers la performance… On joue un rôle « , ajoute Julien. La paye en plus. Un point important. Le salaire d’un gymnaste ne permet pas de vivre correctement. Le Cirque chouchoute ses artistes: ils touchent en moyenne 100 dollars par spectacle, à raison de 9 représentations par semaine. La reconversion ne s’arrête pas là. Après la scène, beaucoup d’entre eux se recyclent en tant qu’entraineurs, chorégraphes ou dépisteurs. Le Cirque du Soleil doit sa magie à ses athlètes. Mais pour eux, il est un nouveau départ, pas seulement une maison de retraite.

Marion Ferrère.