Le flop de la marche des républicains

Après le 11 novembre mouvementé, un collectif de jeunes responsables de partis politiques avait appelé à une marche entre Bastille et République. Le résultat est plus que mitigé. Reportage.

marche des rpublicains-500x375C’est la preuve que le buzz virtuel ne se convertit pas toujours dans la vie réelle. A Paris, l’affluence était faible, dimanche, pour «la marche des républicains». Une initiative née le 11 novembre dernier à la suite des hués subies par le président de la République. Des adhérents du MJS (le mouvement des jeunes socialistes), des Jeunes Populaires (jeunes UMP), des jeunes UDI et de partis de gauche avaient alors lancé l’idée de se réunir pour un mouvement national afin de réaffirmer les valeurs de la République. Entre temps, le journal Minute a insulté la garde des Sceaux, le PS a organisé un meeting à la Mutualité «contre les extrémismes», et le sujet semble avoir été zappé. Résultat : ils n’étaient que quelques centaines à défiler entre deux voitures de police entre Bastille et République (Paris XIe).

Les agents de nettoyage de la ville de Paris font place net après un marché, un organisateur tente tant bien que mal de couvrir le bruit des balayeuses pour motiver ses troupes. «On ne vous entend pas beaucoup, vous êtes mous et ça m’inquiète», tente-t-il, perché sur un camion sono de location. Le porte-parole du PS, David Assouline et la députée PS de Paris, Sandrine Mazetier sont présents mais introuvables à l’arrivée du cortège, pourtant miniature. A mi-parcours, une personne âgée prend l’initiative de sortir sur son balcon avec un drapeau tricolore. «Les mamies avec nous», s’exclame la foule. Et les organisateurs de profiter de l’élan donné par l’octogénaire avec une Marseillaise. Les voix muent, et le reste de la playlist fait débat : «Daft Punk ? Mais c’est quoi le rapport avec la manif ?», s’interroge une lycéenne.

« Mettre fin à l’apartheid »

Fodé Sylla, l’ancien président de Sos Racisme (1992-1999) préfère positiver : «Il y a une certaine fraîcheur», dit celui qui fût ensuite député européen. «Ça permet de ne pas laisser la parole aux racistes. Nous on lutte pour que l’apartheid disparaisse en France», assure-t-il. «Première, deuxième, troisième génération, nous sommes tous des républicains», enchaîne une jeune fille à la voix aiguë. «La majorité silencieuse doit se lever», poursuit un autre organisateur devant un cortège qui grossit mais qui défile dans une moitié d’avenue. Les voitures ont le droit de circuler dans le sens inverse, certains klaxons se font entendre.

Une heure de marche plus tard, les manifestants se rassemblent sur un petit espace de la place de la République. «Ça fait plaisir de voir qu’il y a du monde» tente Thibault, ce jeune professeur médiatisé le 11 novembre après avoir critiqué ceux qui sifflaient François Hollande. «J’te connais pas mais tiens, je te laisse te présenter», dit une jeune fille en passant le micro à l’un des multiples membres du collectif. Tout autour d’eux, les enfants et les skatteurs mènent leur vie sans prêter trop d’attention aux discours. «N’attendez pas que les gens défendent la République pour vous», continue un jeune homme.

Pour Benjamin Rosmini, l’un des premiers à appeler à cette marche, le bilan est positif. «On a réussi à faire descendre la mobilisation numérique dans la rue», explique-t-il. «C’est un début, on ne restera pas muet, on a maintenant une petite force de frappe», insiste l’étudiant à Sciences-po Grenoble.

Tristan Quinault Maupoil

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