Jeu vidéo : la presse écrite n’a pas dit son dernier mot

La crise dans la presse écrite n’est pas une nouveauté. Le cinéma, les grands quotidiens, personne n’est épargné. Et surtout pas la presse du jeu vidéo qui a perdu en l’espace de deux ans 90% de son offre. On peut citer en bref : PSM3, Joypad, Joystick, Console Plus, les officiels playstation et xbox, PC jeux, IG mag … Et bien d’autres encore. Ne laissant que quelques résistants pour assurer l’information papier du jeu vidéo. C’était sans compter l’arrivée d’un petit nouveau. 

Elena Fisher, dans le jeu Uncharted, est une journaliste de talent

La presse du jeu vidéo n’est pas tout à fait morte. La preuve par « JV » (pour jeu vidéo). Le nouveau mag apparu en novembre et qui redonne espoir aux lecteurs. Car à l’heure d’internet, les magazines se sont retrouvés en position de faiblesse depuis quelques années. Il faut dire que le secteur était trop encombré et la concurrence d’internet n’a rien arrangé. Le web propose en effet un média gratuit et plus réactif contre lequel il est difficile de résister.

Le groupe MER7, qui détenait la plupart des titres qui ont disparu, était en difficulté depuis quelques années. Dès 2007, les problèmes financiers apparaissent. Le sort du groupe semblait déjà scellé. Bien que les directions aient leurs responsabilités, les modèles économiques vieillis et non changés depuis les années 80 sont aussi mis en cause. : « Le modèle économique (de MER7, ndlr) reposait sur un quasi monopole, or avec l’apparition d’une concurrence gratuite (internet, ndlr) et qui s’adressait à un plus large public. Ce modèle a commencé à péricliter », selon Rodolphe Donain, rédacteur en chef de jvn.com.

Les magazines ont donc disparu un à un, en réduisant d’abord leur contenu et en augmentant leurs prix sans que cela enraye le terrible déclin. A l’inverse, les sites webs ont pris de l’importance. Comme le désormais très célèbre Jeuxvidéo.com, modèle de réussite économique.  Mais la crise a permis aussi de mettre en cause indirectement les lecteurs. Attirés par les actualités à  buzz au profit de dossier de réflexion. Malgré ça, Rodolphe a encore de l’espoir dans cette presse et « persiste à penser qu’il existe une place pour un magazine avec un angle éditorial beaucoup plus poussé et avec de vrais opinions. »

1288433-dossier-jv-videogamer-11288457-dossier-jv-videogamer-131288445-dossier-jv-videogamer-7                                                                                                                                                                                  Et ce mag c’est peut-être JV. Située dans le 10ème arrondissement. Dans une cour intérieure, les locaux du magazine sont à la vue de tous. A travers de grandes vitres du rez-de-chaussée on aperçoit 4 ordinateurs, des figurines, posters de jeux vidéos et des couvertures de la concurrence. La petite équipe s’active dans la bonne humeur. Qui aurait parié sur un nouveau mag en 2013 ? C’est pourtant le pari risqué de Bruno Pennes, le rédacteur en chef : « Le principe de base c’était surtout qu’on voulait faire un magazine qu’on avait envie de lire […] On a pris en commun toutes les idées qu’on aurait aimé mettre dans ce magazine idéal […] et on a essayé de le faire en mettant nos économies en commun et en créant notre société. »

Mais au-delà de donner envie, il y a plusieurs contraintes et impératifs pour capter le lecteur. De nos jours le prix est peut-être le plus important pour Bruno et ce pour une simple raison : « Si je veux acheter ce jeu qui coûte dix euros, à quoi ça me sert d’acheter un magazine qui coûte dix euros pour me dire s’il est bien, je vais finir par me faire mon propre avis. Cela me coûtera au final moins cher. »

Pour se financer, JV se repose sur sa vente d’exemplaires mais aussi sur une publicité qui est utilisée par un autre magazine très à la mode : So Foot. Sur le marché de la presse écrite du jeu vidéo, il ne subsiste plus que Canard Pc avec une forte ligne éditoriale, Vidéogamer et Jeux vidéo magazine qui font figure de guide d’achat. Sauf que le vrai concurrent de JV est internet et il « faut éviter de reproduire ce qu’il y a déjà sur le net puisque si j’ai quelque chose sur le web gratuitement je vais pas aller l’acheter dans un magazine. La plus value de JV c’est que tu vas trouver des dossiers que tu ne trouveras pas sur le net. »

La presse écrite du jeu vidéo n’est pas morte et c’est une bonne chose quand on sait que le jeu vidéo est le premier bien culturel en France et rapporte à l’industrie des milliards d’euros. Pour un média aussi important, il était nécessaire de lancer un nouveau magazine sérieux sur le jeu vidéo.

Guillaume Millochau.

(Source photos : Pc World)

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