« Gravity » : vers l’infini et au-delà

 

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Pour son septième long métrage, Alfonso Cuaron (Les fils de l’homme) propulse Georges Clooney et Sandra Bullock dans les confins de la stratosphère. Décollage immédiat vers une dimension parallèle, là où l’homme ne peut compter que sur lui-même. Un petit pas pour l’humanité, un grand pas pour le cinéma.

Houston, à l’aveugle

Un plan séquence de vingt minutes ouvre le film : un défi de taille qui annonce une odyssée cinématographique grandeur nature. Le docteur Ryan Stone (Sandra Bullock) fait des cabrioles dans l’espace, sans trop savoir où donner de la tête. Le spectateur non plus d’ailleurs. Immergé à 600 kilomètres au-dessus de la terre, au niveau de la stratosphère, l’immensité de l’espace y est filmée à la manière d’un ballet aérien, vertigineux et au plus près des réalités astronomiques. Un travail de quatre ans et demi, pour un résultat qui relève d’une prouesse technique, tant pour sa qualité visuelle – une exploitation fluide de  la 3D – que son acuité sonore. Les scènes s’entrechoquent, du silence paralysant à des chorégraphies rythmées par un son joliment rétro. Une bande son qui, à l’instar de 2001 : l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick ou le récent Oblivion de Joseph Kosinski, ne joue pas sur le terrain de la musique classique ni sur les plages de l’électro.

20 000 lieux au-dessus de la Terre

Bien plus qu’une cartographie précise et crédible de l’espace, Gravity place l’homme face à lui-même. En bas, plus rien n’attends Ryan Stone. Ce médecin de l’Illinois qui a perdu sa fille dans un accident, roule depuis sans aucun but. Transposé dans l’espace, le symbole de l’errance s’entremêle avec celui de la force, mentale comme physique. Ne jamais renoncer, lâcher prise pour mieux savourer la vie, Ryan esquive les débris d’un satellite russe, échappe à un incendie et une explosion hors-norme. La transition entre la salle de cinéma et l’écran perd définitivement toute son opacité quand, à l’abri, dans une capsule, Ryan défait sa combinaison, geste libérateur la faisant retourner à l’état de fœtus. Enchevêtrée depuis le début dans des câbles la tenant en équilibre par des mouvements d’attraction, l’astronaute prend les commandes à destination de la Terre. Son souffle en pointillé ne nous quitte plus et nos yeux peinent à cligner de nouveau.
Mieux qu’une photo de Yann Arthus-Bertrand et qu’un tour de Space Mountain, Gravity défie toutes les lois de la gravité et de la perception au cinéma. Attention, quelques turbulences sont à prévoir. Personne ne ressortira indemne de ce voyage.

Marie Ponchel

 

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