Australie : une destination privilégiée pour les Français ?

Alors que le gouvernement s’alarme d’un véritable « exode » généralisé des jeunes Français vers l’étranger (plus de 150 000 étudiants sur la tranche d’âge des 18-25 ans selon les chiffres du ministère des affaires étrangères, soit un bond de 14% depuis 2008), nombreux sont les spécialistes à s’intéresser aux caractéristiques des pays d’accueil, désignés par ces expatriés. Mais un pays retient tout particulièrement l’attention des intéressés : l’Australie.

69-australieEn 2012, près de 750 000 Français ont séjourné en Australie dont 18 500 par l’intermédiaire du fameux «Working class holiday », soit quatre fois plus qu’il y a 7 ans*.  Plus impressionnant encore, le consulat de France à Sydney estime à 42 000 le nombre de Français qui vivent et travaillent en Australie. Ce phénomène s’explique notamment par le faible taux de chômage (de l’ordre de 5,5% dans le pays) au détriment de la situation de l’emploi en France, de plus en plus précaire pour les jeunes travailleurs.

Mais quelles sont les raisons qui poussent nos jeunes à s’expatrier à l’autre bout du globe ? Pour Pierre, 25 ans, étudiant en sociologie à l’université Pierre Mendès France à Paris,  il s’agit avant tout de s’occuper. «J’ai fini mes études cette année, et je n’ai pas envie de les pousser encore plus. Je pourrais certes trouver du boulot mais vu la situation actuelle, je n’ai pas envie d’être abonné aux CDD pendant des mois. Quitte à galérer, je préfère être au soleil. L’avantage en Australie c’est qu’on gagne beaucoup plus d’argent qu’en France. Un vendeur de glace dans un mall à mi-temps gagne l’équivalent du SMIC, c’est impensable chez nous. Puis l’argent gagné me permettra de visiter le pays. L’Australie c’est immense, il faut des mois pour tout voir, et le Working class holiday nous permet de rester un an, c’est une véritable aubaine».

Au fil des discussions, il est impressionnant de voir à quel point le «Working class Holiday » est sur toutes les lèvres. Ce visa est assimilable à un permis de travail, qui est le fruit d’un accord bilatéral entre la France et l’Australie. Il permet aux jeunes Français (il est nécessaire d’avoir moins de 31 ans pour en bénéficier) de voyager un an en Australie (contre trois mois avec un visa normal), tout en ayant le droit de travailler sur place afin de financer son séjour.

L’Australie : un véritable eldorado ? 

Mais au delà de l’aspect économique, cette aubaine est aussi utilisée par les amateurs de voyages, comme Sophie, 26 ans, juriste de formation. «Personnellement, si je pars un an en Australie, ce n’est pas dans l’espoir de m’y installer ou d’y trouver du travail. J’ai eu la chance de faire de bonnes études, et je ne devrais pas avoir du mal à trouver du travail en France. Mais avant de rentrer réellement dans le monde professionnel, j’ai vraiment envie de faire une année de césure, histoire de profiter une dernière fois de ma jeunesse. L’Australie est vraiment très différente de l’Europe, que ce soit ses paysages ou sa faune, et c’est vraiment une destination idéale, je pense, pour être dépaysée. Mais l’Australie, comme le Brésil, l’Inde ou les Etats Unis est un pays immense, et il est difficile d’y revenir. Donc partir un an c’est parfait pour prendre le temps de s’imprégner du pays».

L’aspect touristique n’est cependant pas la principale variable. C’est avant tout l’enjeu économique qui prédomine dans cet exode en pleine expansion. Pour Jérémy, strasbourgeois de 22 ans, étudiant à l’INSA, une école d’ingénieur, l’Australie offre des opportunités que la France ne lui proposera jamais. «J’ai eu l’occasion de faire mon stage de fin d’étude à Sydney. Je me suis rendu compte qu’en terme de paye, d’emploi, de taxes et j’en passe, que le monde du travail en Australie étant bien plus confortable que chez nous. On trouve très facilement du boulot en Australie et on en retrouve très facilement aussi. On peut même se payer le luxe de quitter un emploi qui ne nous nous convient pas, pour en trouver un autre. C’est tout bonnement impensable en France. C’est carrément devenu un exploit de trouver un premier travail rémunéré au dessus du SMIC maintenant chez nous. Le tout en plus avec un niveau de vie sympa : moins d’insécurité, moins d’impôts, du soleil, la mer, un accès à la propriété plus simple, bref le paradis. En plus l’Australie recherche beaucoup d’ingénieurs venus de l’étranger, pourquoi ne pas en profiter ? ».

Mais pourquoi l’Australie est-elle aussi attractive ? C’est tout simplement parce que c’est un pays jeune et peu peuplé. En effet on y trouve que 22 millions d’habitants, contre 67 millions en France (pour un pays grand comme quatorze fois l’Hexagone). Et le développement en plein essor de ce pays, oblige son gouvernement à trouver des talents venus d’ailleurs pour assumer les besoins croissants de son économie. Car comme le dit ce célèbre adage australien : «Peupler ou mourir». Chaque année, l’Australie publie une liste de professions qu’elle recherche au sein des vagues d’immigration. Lesfaune-kangourou-plage Français ayant des diplômes d’ingénieur, de BTP, d’électricien ou d’informaticien, étant les plus prisés.

L’Australie reste-elle donc malgré tout un véritable eldorado ? Pour Stéphane, étudiant de 24 ans en histoire à l’Université Paris-I, l’Australie n’est qu’un rêve éphémère auquel il ne faut pas s’accrocher. «Certes l’Australie c’est génial, mais il ne faut pas croire que s’installer là bas sera de longue durée. Le visa ne nous permet que de rester un an, et beaucoup des gens qui partent pensent qu’ils arriveront à rester sur place après l’expiration du Working Class Holiday. Le ministère de l’immigration local n’est intéressé que par un certain type de profil, et quand tu n’es pas ingénieur ou boulanger, le plus souvent ils ne sont pas intéressés par tes aptitudes, et ils ne te laisseront jamais obtenir un visa de résidence. L’Australie c’est avant tout une destination de vacance idyllique qui permet d‘améliorer son anglais, mais c’est loin d’être un Nouveau Monde comme dans les années 40. C’est un pays qui reste très fermé à l’immigration, ils pratiquent une immigration choisie extrêmement sélective. Peu seront les Français qui arriveront à rester, certains se font même renvoyer de force».

Quoi qu’il en soit, l’Australie devrait rester une destination privilégiée dans les années à venir pour les jeunes Français. Sauf si la situation économique de la France est amenée à s’améliorer d’ici là …

Nathan Cahn.

*Selon le site voyagesetvagabondages.com

Publicités

Une réflexion sur “Australie : une destination privilégiée pour les Français ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s