Northwest : petite frappe, grosse claque

NORTHWEST
La mythologie des gangs est un des thèmes favoris du cinéma américain et britannique et a également fait son chemin dans le cinéma français à travers La Haine. Aujourd’hui c’est le Danemark par l’intermédiaire du réalisateur Michael Noer (son second long-métrage) qui s’adonne à l’exercice de style. L’histoire prend place à Nordvest, une des banlieues les plus pauvres et les plus dangereuses du Danemark.
Casper le fantôme

Cheveu rasé, peau livide, style Skinhead, Casper véhicule une mauvaise image de lui-même.  A 18 ans, il cambriole des maisons pour revendre le butin au caïd de son quartier. Casper n’est pourtant pas un être violent et sans morale. Il a simplement besoin d’argent.  Il vit avec sa mère, sa soeur et son frère. Dans son survêtement Adidas, il ferait presque penser au personnage serbe, Niko Bellic, dans le jeu vidéo GTA IV. Un rapprochement qui se fait aussi dans les thématiques puisque les délits montrés rappellent les missions du célèbre jeux vidéo : conduire des prostitués, livrer de la drogue, cambrioler des maisons.  La violence est quotidienne d’autant plus que le caïd, Jamal, fait régner la crainte dans le quartier. Casper souhaite ne plus avoir à faire à lui. Il se détourne alors de Jamal au profit d’un riche mafieux qui lui ouvre la possibilité de monter dans la hiérarchie du crime. Malgré tous ses actes illégaux, Casper reste humain et sensible. Il offre des vacances magnifiques à sa petite famille. L’argent rend heureux et est au centre de tout. Un équilibre cependant instable.

La Haine

Sur une musique électro lancinante, Casper fume dans sa piaule. Il s’imagine déjà en Tony Montana. Grâce à son nouveau boss, il  apprend à boxer et à manier une arme de poing. Plus le film avance et plus on sent l’inévitable arrivée. Sa mère le ressent également et connait sa situation. Elle ferme les yeux car elle sait pertinemment que son fils n’a pas d’autre choix. Sa non-intervention est bien le marqueur d’une impuissance et d’une résignation parentale dans ces quartiers sensibles. Le stress et la pression arrive à son paroxysme quand Casper est chargé d’assassiner un homme. Pour une fois, alors que rien ne sembler arrêter son besoin de se faire de l’argent, Casper se fait rattraper par sa conscience. Seulement il est déjà dans l’engrenage et rien ne peut plus le dépêtrer de sa situation. Le crime a cette particularité de ne payer qu’un temps. Et la chasse à l’homme qui clôt le dernier quart d’heure du film est d’une angoisse totale.

Réalisée dans des conditions réalistes (acteurs issus du quartier, discussion avec des vrais criminels etc.), Nortwest frappe fort dès l’incipit. Les deux acteurs principaux, le rôle de Casper et son frère, sont également frères dans la vraie vie. Un lien qui se sent à l’écran. Noir, oppressant, ultra-réaliste, Northwest comporte un sujet déjà beaucoup traité au cinéma mais qui reste en la matière ce qui se fait de mieux.

Guillaume Millochau.

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