Les « Malgré-Nous »: ces oubliés de l’Histoire

1942: l’Allemagne nazie annexe illégalement l’Alsace et la Lorraine. De cette annexion découle le début du service militaire obligatoire pour les Français d’Alsace-Moselle, incorporés dans l’armée allemande à seulement 17 ans et envoyés sur le front de l’Est ou en Russie à 18 ans. Nombreux ont été ces jeunes gens qui ont du combattre aux côtés d’une patrie qu’ils n’avaient pas choisi, pour des idéaux qu’ils ne partageaient pas, contre leurs nations d’origine… 

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Après la guerre, on les a accueillis en tant que traîtres et ils sont longtemps restés des incompris. Ce n’est qu’en mai 2010, grâce aux efforts des quelques survivants et de leur famille, que les Malgré-Nous ont enfin été reconnus « victimes du nazisme » par l’État Français. Mais cela n’excuse en rien aujourd’hui l’absence dans les manuels d’histoire de cet énième crime qu’engendra la deuxième Guerre Mondiale. Nicolas Mengus, docteur en histoire médiévale et auteur de nombreux livres sur le sujet, revient sur cette triste période.

Qu’est-ce qu’un « Malgré-Nous » ?

Un « Malgré-Nous » est, à l’origine, un Mosellan ayant combattu dans l’armée allemande lors de la Première Guerre mondiale. Cet enrôlement est une des conséquences de la défaite française de 1871 et de la cession, par la France, de l’Alsace et de la Moselle au Reich allemand « pour toute éternité ».  C’est en 1920 qu’est fondée la première association de « Malgré-Nous » en Moselle, sous le patronage de Maurice Barrès. Cette expression a été improprement reprise pour  désigner les Alsaciens et les Mosellans ayant servi dans l’armée allemande entre 1942 et 1945. Il y a une différence de taille entre ces deux périodes : si en 14-18 les Alsaciens-Mosellans sont légalement enrôlés, car légalement citoyens du Reich, ce n’est pas le cas dans les années 40. En 1940, suite à une nouvelle défaite de la France, l’Allemagne nationale-socialiste annexe illégalement les départements de l’Est. De cette annexion découle l’introduction du service militaire obligatoire pour les Français d’Alsace-Moselle (l’appelé n’obtenait la nationalité allemande qu’au moment de son enrôlement) en août 1942. Ceci s’est fait en totale illégalité en regard des conventions de la guerre ; c’est en cela que l’incorporation de force est un crime de guerre. L’expression « Malgré-Nous » –  ou « Malgré-Elles » pour les filles – ne rend pas la notion de contrainte qui s’exerçait sur les appelé(e)s. C’est pour cela que le Gouvernement provisoire de la République française leur avait reconnu le statut de « déportés militaires » ; statut qui a disparu au courant des années 50, sans doute sous l’influence d’associations de déportés proches du Parti communiste français.

Combien de jeunes ont été incorporés de force ?
Nous ignorons encore le nombre exact de Français ayant été incorporés de force, mais le recensement actuellement en cours devrait préciser les chiffres. Habituellement, on estime que 130.000 Français d’Alsace-Lorraine ont été victimes de ce crime de guerre, soit 21 classes d’âge en Alsace et 14 en Moselle. L’enrôlement débute dès 1941 pour les jeunes gens et jeunes filles âgés de 17 ans: c’est l’incorporation au Reichsarbeitsdienst (ou RAD, Service du Travail du Reich) qui, contrairement à ce que laisse supposer son appellation, est une véritable préparation paramilitaire pour tous: les garçons sont déjà programmés pour entrer dans la Wehrmacht ou la Waffen-SS et certaines jeunes femmes vont plus tard être versées dans le Kriegshilfsdienst (KHD, Service auxiliaire de guerre), notamment dans la Luftwaffe.  Mais vous parlez de jeunes. En fait, on oublie trop souvent que les classes entre 1908 et 1920 avaient déjà effectué leur service militaire dans l’armée française et, donc, avaient combattu les Allemands en 39-40 ; ces hommes vont souvent être affectés à des unités de police à l’arrière du front ou dans la Waffen-SS dès 1943 ; bien sûr, comme pour les plus jeunes (certains n’avaient que 16 ans au moment de leur enrôlement), on ne leur demandera pas leur avis (ce qui est le propre d’une dictature).

Combien sont revenus ?
On estime actuellement que 30 à 40.000 déportés militaires ne sont pas rentrés de la guerre. Dans un article paru dans les Dernières Nouvelles d’Alsace le 4 août 1956, le général Pierre Keller indiquait les chiffres suivants dans le cadre des Alsaciens-Lorrains en URSS: environ 95.000 rentrés, environ 25.000 morts officiellement reconnus,  environ 15.000 disparus (dont la moitié est sans doute décédée), sans compter les « prisonniers maintenus pour des raisons diverses, libérés, restés volontairement, cas évidemment très rare » et ceux dont on n’aura jamais de nouvelles.

Y a-t-il eu des femmes ?
Oui, comme nous l’avons vu, les femmes non mariées ont été enrôlées de force au Reichsarbeitsdienst dès 1941.  Ce sont ces victimes que l’on nomme, à nouveau improprement, des « Malgré-Elles ». Elles étaient astreintes à une discipline toute militaire et au port de l’uniforme. Avec le développement de la guerre, elles vont de plus en plus devoir remplacer les hommes, d’abord dans des emplois civils, comme les travaux de la ferme, puis dans le Kriegshilfsdienst déjà évoqué ; là, elles sont soumises à l’autorité de l’armée  et sont employées dans des usines d’armement ou dans la Flak, la défense anti-aérienne. Pour l’Alsace, on estime que 3000 femmes ont été incorporées dans le RAD-KHD et qu’environ 1000 d’entre elles ne sont pas revenues de la guerre.

Que se passait-il en cas de refus d’une convocation ?
« Ils n’avaient pas qu’à y aller ». Combien de fois a-t-on entendu cette affirmation stupide ? Bien sûr, il y a toujours eu la possibilité de faire la forte tête, de braver les nazis. Le nombre de réfractaires à l’incorporation de force le prouve. Mais ce n’était pas donné à tout le monde de fuir vers la France non annexée ou la Suisse, car l’entreprise était hautement risquée. Si bon nombre de jeunes ont pu s’évader, les nazis ne sont pas restés inactifs. La population est avertie: c’est la mort qui attend le réfractaire.  Mais pas forcément: le camp de sûreté de Labroque-Schirmeck ou le fort de Queuleu à Metz sont là pour remettre les indociles dans le « droit chemin », avant de les envoyer sur le front. Mais cela ne semble pas avoir été suffisant et une loi est mise en place: la Sippenhaftgesetz, la loi de responsabilité collective, entrée en vigueur en Alsace au 1er octobre 1943. En cas d’insoumission, la famille est déportée en camp de travail à l’intérieur du Reich et les biens sont confisqués. Il est évident que la mise en danger des parents, des frères et sœurs (et les époux de ceux-ci s’ils sont mariés), de l’épouse, des enfants va en décourager plusieurs à tenter de fuir ou de se rebeller. Pour épargner sa parenté, la meilleure solution était d’attendre d’être pris dans des combats, puis d’être déclaré captif ou d’être porté disparu par les Allemands, car, en cas de désertion avérée ou fortement soupçonnée, la famille pouvait être également inquiétée ; de nombreuses épouses ont été contraintes de divorcer de leur mari déserteur pour échapper à la déportation (les mariages ont été revalidés après la guerre).

Quelle était la réaction des Français au sortir de la guerre ?
Il y a bien sûr la joie d’être vivant, d’avoir survécu. Il y aussi une certaine « honte » à être là, alors que le copain ne reviendra pas. Il y a donc une volonté, mais aussi une nécessité de refaire sa vie, de retourner à une vie normale.  Sans oublier l’épuration, cette fameuse épuration qui a été souvent sanglante et encore plus souvent injuste.
Et, on l’a aussi observé auprès des rescapés des camps de la mort, une impossibilité de communiquer sur ce vécu atroce. Finalement, les témoignages à chaud sont rares et il aura fallu bon nombre d’années pour que les langues se délient. Encore que, dans le cadre des incorporés de force, a longtemps pesé la honte d’avoir porté l’uniforme de l’armée ennemie, même si cela avait été sous la contrainte et dans le cadre d’une dictature que seuls trois départements français avaient subi. Et il y a eu le procès inique du massacre d’Oradour-sur-Glane à Bordeaux en 1953. Contrairement à ce qui a été dit, ce ne fut pas le procès de l’hitlérisme, mais bien celui de 13 déportés militaires et d’un volontaire alsaciens. Ce sont eux les véritables accusés de ce procès, l’Allemagne nazie étant largement passée à l’arrière-plan ; il est vrai que la République Fédérale d’Allemagne (RFA) était désormais un allié et que la République Démocratique d’Allemagne (RDA) appartenait au bloc soviétique qu’il valait mieux éviter de titiller à l’époque, Guerre Froide oblige.  Ceci explique que, au moins jusque dans les années 1960, les noms des « 13 monstres » alsaciens étaient affichés à Oradour et que des publications de rescapés, mais aussi d’ « historiens », s’en prennent toujours et encore aux seuls incorporés de force.

Selon vous, la France connaît-elle suffisamment ces « Malgré-Nous » ou sont-ils encore trop peu reconnus ?
Combien de fois a-t-on lu ou entendu qu’il n’y avait que des volontaires dans la Waffen-SS ? Ceci montre bien la réelle méconnaissance de l’incorporation de force et, plus particulièrement, dans la Waffen-SS. D’ailleurs la France a un problème avec son histoire en général, quelle que soit l’époque envisagée.  Les débats qui ressurgissent régulièrement le prouvent. Au sujet des « Malgré-Nous », notre pays considère ce sujet comme étant de l’histoire purement régionale, puisque cela ne concerne que l’Alsace et la Moselle. Or la Belgique est dans un cas analogue avec l’annexion des cantons d’Eupen-Malmédy-St. Vith. Et le Luxembourg ou la Pologne aussi, à la différence que tout le pays a été concerné. Un récent colloque qui s’est tenu à Strasbourg a bien montré la dimension européenne de cette incorporation forcée dans l’armée allemande. Il serait donc temps que notre pays la reconnaisse.  Pour mémoire, rappelons que ce n’est qu’au début des années 1980 que la RFA a débloqué des fonds pour indemniser les « Malgré-Nous ». Et ce n’est qu’en 2012 que le chef de l’Etat a clairement et officiellement pris position en déclarant que les incorporés de force n’étaient pas des traîtres, qu’ils n’avaient pas failli à l’honneur et qu’ils étaient bel et bien les victimes d’un crime de guerre. Quant aux orphelins de « Malgré-Nous », ils n’ont toujours pas été indemnisés de quoi que ce soit.  Alors, on peut clairement dire que les déportés militaires souffrent  toujours d’un manque de reconnaissance de la part de leurs compatriotes. Ainsi, une question subsiste: quand les « Malgré-Nous » seront-ils associés aux cérémonies du Débarquement du 6 juin 1944, alors que les anciens combattants allemands y sont invités depuis années ?

Pensez-vous qu’on devrait plus en parler à l’école ?
Ce serait déjà bien d’en parler – même si certains enseignants abordent déjà le sujet avec leurs élèves.  L’Education nationale devrait l’intégrer au chapitre de la Seconde Guerre mondiale, car nos quelque 40.000 morts ne peuvent être négligés, d’autant plus qu’ils sont une composante de l’histoire de notre Europe actuelle.  Au fait, le manuel scolaire franco-allemand, dans lequel il était  justement question des 130.000 incorporés de force, est-il toujours en usage ?

Peut-on aujourd’hui enfin en parler ouvertement ou doit-on se méfier de qui l’on s’adresse ?
Je dirai que, dans l’ensemble, on peut en parler ouvertement. Les personnes sont plutôt réceptives à cet aspect de la Seconde Guerre mondiale qu’elles méconnaissent ou ignorent. Bien sûr, il y en aura toujours d’autres qui, de mauvaise foi, par fierté ou par malveillance, camperont sur leurs positions, voulant à tout prix que les incorporés de force soient des volontaires, quitte à être condamnées pour négationnisme d’un crime de guerre. Heureusement, en-dehors des études historiques et des témoignages, le grand public peut désormais découvrir la tragédie des « Malgré-Nous » au travers de films, de documentaires, mais aussi de pièces de théâtre et de spectacles, de romans et de bandes dessinées qui ne sont pas forcément l’œuvre d’Alsaciens ou de Mosellans, mais qui n’en sont pas moins très fidèles à la réalité historique.

Vianne de JALRAS.

Vous pouvez découvrir le dossier photo issu de ce travail, sélectionné par Paris Match, ici.

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11 réflexions sur “Les « Malgré-Nous »: ces oubliés de l’Histoire

  1. L’INCORPORATION de FORCE, les DESSOUS des CARTES…
    La FORFAITURE de DEUX ETATS, sans HONNEUR,
    L’ Allemagne comme Ponce Pilate et la France frappée d’Alzheimer, leurs élus(es) inexistants !
    La Grande misère des Orphelins de Guerre et Pupilles de la Nation
    des « Morts pour la France » et à cause d’elle !

    Par Bernard ERNEWEIN, Orphelin d’un ‘’Malgré-Nous’’ , d’un crime de guerre, d’un crime contre l’Humanité, Président fondateur de l’association OPMNAM, Orphelins de Pères « Malgré-Nous » d’Alsace-Moselle b.ernewein@wanadoo.fr

    A Madame Vivianne de JALRAS, le 6 juin 2013
    Objet : votre article dans MATCH

    Madame,
    Vous avez obtenu la possibilité par Match et nous lui en sommes reconnaissant, de rédiger un article sur ces « oubliés de l’Histoire », un terme exact mais encore trop loin de la réalité, que sont les ‘’Malgré-Nous’’ Alsaciens et Mosellans, incorporés de force dans l’armée ennemie, après leur déportation à partir du territoire national et sous la contrainte de terribles représailles sur leurs familles.
    Aucun hebdo français ou allemand ne nous a donné cette possibilité en 15 années de lutte en mémoire du sort tragique nos pères et de leurs 40 000 †compagnons assassinés, porté disparus, laissés sans sépulture, dévorés par les bêtes sauvages, voire leurs ossements rassemblés dans des « deutsche Soldatenfriedhöffen », une horreur, en réalité des ossuaires avec une croix tous les 100 mètres !
    Ce constat, cette indifférencet est aussi valable pour notre combat à défendre les Orphelin de guerre et Pupilles de la Nation dans leur ensemble dont les 20 000 Orphelins, filles et fils d’incorporés de force, reconnus « morts pour la France » et je dirais aussi à cause d’elle.
    Recevez toutes mes félicitations pour votre article, d’une excellente tenue et qui présente objectivement la tragédie de l’Alsace-Moselle depuis 1871 avec la première annexion avec un rappel historique par notre ami Nicolas MENGUS sur « les oubliés de l’histoire » que furent et ils le sont encore, ces incorporés de force, abandonnés par la France, déportés, réduits en esclavage, jetés dans l’arène de la barbarie
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    Mais d’abord une mauvaise nouvelle. Jean-Paul BAILLARD que vous avez interviewé, vient de décéder dans sa 88è année. Incorporé de force, évadé de l’armée allemande, devenu Général dans l’armée de son pays, il a comme Président de l’ADEIF, l’Association des Evadés et Incorporés de Force du Bas/Rhin, défendu inlassablement, comme témoin de la tragédie de l’Alsace Moselle, ses collègues, leurs familles, les veuves et les Orphelins.
    Je vous livre, une de ses phrases qui m’a profondément marqué, prononcée sous la grande croix au Mont National à Obernai, en mémoire des 40 000† tués et portés disparus :
     « Nous sommes ici réunis, au pied de cette croix de mémoire, qui remplace les 40 000 croix qui manquent dans nos cimetières, pour témoigner que le souvenir de l’incorporation de force dans l’armée allemande, reste vivant dans la mémoire de toute la population d’Alsace – Moselle » Gal. Jean –Paul BAILLIARD, un Malgré-Nous,
    Nous nous inclinons très profondément devant sa mémoire et présentons les sincères condoléances à sa famille. Nous serons présents à ses obsèques, lundi 10 juin..
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    Autre citations :
     « Parce qu’ils ont le plus souffert, parce qu’ils ont été à la pointe du combat, les Alsaciens et les Lorrains n’ont jamais été plus au cœur de la Nation. » Charles de GAULLE
     « Ils étaient eux-mêmes victimes de la barbarie nazie »
    Jean-Marie BOCKEL à Oradour le 10 juin 2009
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    Les dessous des cartes…
    Mon intervention, complémentaire à la vôtre, s’attachera à faire comprendre à nos compatriotes, à nombre d’Alsaciens- Mosellans dont leurs Politiques et aux Allemands, le dessous des cartes, l’HYPOCRISIE et L’IRRESPONSABILITE de deux Etats et de leur monde politique, se conduisant comme PONCE-PILATE au Pays d’ALZHEIMER, frappés par l’amnésie depuis plus de 70 ans, un DESHONNEUR vis-à-vis de ceux dont ils ont fait des Orphelins.
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    Madame, permettez-moi de me présenter, Bernard ERNEWEIN, orphelin d’un crime de guerre et d’un crime contre l’humanité selon le T.I. de Nuremberg, orphelin d’un ‘’Malgré-Nous’’ alsacien, Président fondateur de l’Association OPMNAM, Orphelins de Pères Malgré-Nous d’Alsace- Moselle.»
    Je n’aurais pas la même objectivité que vous, ou le détachement suspect de nos Politiques, car c’est un témoin qui parle avec ses trippes, qui dénonce l’irresponsabilité de deux Etats prêchant la réconciliation et la collaboration, avant même que nos bourreaux ne nous ait demandé pardon et réparé nos préjudices.
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    FRANÇAIS un JOUR, FRANÇAIS TOUJOURS,
    Le Traité de Westphalie de 1648 mettant fin à la terrible guerre de 30 ans dévastant l’Europe dont l’Alsace, a rattaché celle –ci à la France, province convoitée par Louis XIV ramenant la paix et reconstruisant de nombreux villages gravement détruits lors cette abominable guerre. Il y eut biens quelques sièges comme celui de Strasbourg et des villes de la décapole du Saint empire romain germanique, des privilèges maintenus pour les hobereaux locaux, mais la révolution au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, y mis fin. L’Alsace fournira au moins 65 hauts gradés, dont des généraux à l’armée napoléonienne, sans oublier quelque 50 000 enrôlés volontaires et des centaines de milliers de conscrits alsaciens par tirage au sort.

    ERREUR trop souvent répandue, les Alsaciens –Mosellans
    n’ont pas changé 4 fois de nationalités
    Trop souvent dans des conversations, des articles et même des livres d’Historiens on commet l’erreur d’affirmer que les Alsaciens –Mosellans ont changé 4 fois de nationalités en 1871, en 1919, en 1940 et en 1945. C’est sans doute pour mettre l’accent sur leurs malheurs successifs, ballotés entre la France et l’Allemagne.
    En réalité, ils ont changé 4 fois de régime politique, dont deux fois de nationalités, en 1871 par le Traité de Frankfort approuvé par l’Assemblée Nationale dans le déshonneur et en 1919 par le traité de Versailles et leur retour à la France.
    De 1940 à 1945, il s’agit d’une annexion de fait, ne figurant pas dans les conventions d’armistice de Wiesbaden et sans aucun traité de paix inscrit dans le droit international. Pour preuve le Général HUNTZIGER, chef de la délégation française à la commission d’armistice, éleva une protestation solennelle certes timide et peu audible, le 3 septembre 1940, auprès du président de la Commission allemande d’armistice le général Von STUPNAGEL pour réaffirmer la souveraineté de la France sur les territoires d’Alsace Moselle:
     « C’est avec la France entière, dans ses frontières de l’Etat de 1939, que l’Allemagne a signé la Convention du 22 juin.
    C’est l’intégrité de la France entière que l’Allemagne a comprise dans la Convention d’Armistice en précisant que le Gouvernement français avait le droit d’administrer les territoires occupés et non occupés, sans limitation territoriale aucune.
    Fort de son droit, le Gouvernement français élève une protestation solennelle contre les mesures prises, en violation de la Convention d’Armistice, à l’égard des départements alsaciens et lorrains et de leur population et qui constituent une annexion de fait de ces territoires. »
    Pierre LAVAL, Président du Conseil qui souhaitait la victoire de l’Allemagne n’en protesta pas moins le 3 septembre 1942, auprès de l’ambassadeur d’Allemagne Otto ABETZ, _ avec modération, à la demande expresse de PETAIN_ , contre la déportation, la colonisation, l’incorporation de force, l’octroi de la nationalité allemande à des citoyens français contre le droit des gens, des personnes protégées selon la Convention IV de la HAYE du 18 octobre 1907 signée par tous les belligérants.
    Oui les 130 000 incorporés de force étaient bel et bien des citoyens français déportés à partir du territoire national, ce que l’Etat Français reconnait aux déportés juifs même étrangers ou aux déportés résistants, ces derniers qui avaient fait le choix des armes pour l’honneur de la Patrie, mais a rejeté le Statut de Déportés militaires reconnu par le gouvernement provisoire dès 1945 aux incorporés de force. J’y reviendrais.
    Les orphelins des déportés juifs et résistants, seront indemnisés dès 2000 et 2004 au titre des persécutions et de la barbarie nazie ce qui est aussi notre cas, mais nous n’avons pas pléthores d’avocats ou de Fondation avec 393 millions d’€uros payés par l’Etat comme les Juifs. Nous y reviendrons…
    Curieusement, pour nos pères qui avaient servi la mère Patrie en 1940 et pour leurs 130 000 compagnons d’infortune déportés à partir d’août 1942, hors du territoire national, la France n’ y voit point de persécutions ou de nazis barbares !

    Les « Malgré-Nous »
    Madame, vous dite par deux fois que l’expression « Malgré-Nous » – ou « Malgré-Elles » pour les filles – ne rend pas la notion de contrainte qui s’exerçait sur les appelé(e)s, terme également impropre, que je remplacerai par les futurs incorporés de force. A mon grand père, enrôlé dans l’armée du Kaiser en 1914/18, déjà sur le front russe, on ne lui a pas demandé son avis. Ainsi, malgré lui, son seul choix fut d’endosser l’uniforme allemand ou d’être fusillé. Y aurait-il eu contrainte sur la famille, certainement, car la Sippenhaft, les représailles collectives remontaient dans la nuit des temps chez les peuples germaniques, dont les Francs sont d’ailleurs issus.
    Mais ‘’Malgré-Nous’’, en-dehors du terme générique adopté par nos compatriotes, plutôt pour le pire que pour le meilleur, voyez pour Oradour dont le Limousin en a fait un problème franco-français, en désignant à la vindicte populaire, non seulement 13 jeunes Alsaciens dont 10 mineurs faisant d’eux des volontaires et non des incorporés de force, mais toute l’Alsace, c’est le sentiment d’impuissance, d’isolement, d’abandon et de trahison par la mère Patrie, davantage une marâtre.
    De parfaits boucs émissaires, au procès de Bordeaux,
    Au procès de Bordeaux en 1953, c’est sous ce vocable de ‘’Malgré’-Nous’’, qui plus est des Alsaciens et non sur celui d’incorporés de force par l’Allemagne hitlérienne qu’ils furent jugés et condamnés, qui plus est par une loi rétroactive de culpabilité collective inexistante en droit français, puis amnistiés devant la révolte de l’Alsace toute entière, en réaction de l’abandon, de la trahison de la mère Patrie devenue collaborationniste.
    Ces 13 incorporés de force dont 10 mineurs, à peine sortis de l’étable et de l’établi, pour mon ami Gérard MICHEL et un volontaire, servirent de parfaits boucs émissaires avec leur accent de boches de l’Est, à la grande satisfaction des collabos, une occasion unique pour se faire oublier. ADENAUER s’est félicité que les Alsaciens soient jugés comme des Allemands et que cet horrible massacre devienne ainsi un problème franco-français, pour plaire à la multitude d’ex. Nazis à la Chancellerie, dans les ministères ou à la tête des entreprises avec le fruit de leurs rapines.
    Aucun de ces grands Chanceliers dont on aime à tresser les lauriers, malgré nos demandes répétées, ne s’est déplacé pour demander pardon, ni en Alsace-Moselle, ni à Oradour pour assumer enfin les responsabilités de son pays. A Strasbourg on vient manger une choucroute et boire un bon Riesling !!!
    Dès 2009, puis en 2010 etc., nous avons fait la proposition à Angela. MERKEL et à Nicolas SARKOZY de se rendre conjointement en Alsace-Moselle et à Oradour. Le Président français a donné suite le 8 mai 2010, prononçant un discours historique devant la Nation, en Alsace, tant attendu depuis 65 ans, lui valant la reconnaissance de tous.
    Proverbe alsacien :
    « D’rlordbeerkranz esch güet ze binde, de kopf dezü schwärer ze finde. »
    « La couronne de lauriers est facile à tresser, la tête plus difficile à trouver. »
    POURQUOI des ALSACIENS à ORADOUR ?
    Un projet machiavélique,
    Rappelons d’abord pour nos concitoyens que parmi les victimes d’Oradour, figuraient également 47 civils mosellans et 7 alsaciens.
    J’ai souvent exprimé ma conviction, mais cela ne fait pas l’affaire de certains, d’un projet machiavélique fomenté par l’Allemagne nazie avec l’objectif, à la fois de terroriser les populations, de freiner l’ardeur des résistants et dans le même temps de punir notre province pour son attachement à la France. De plus, les échecs cuisants, malgré une importante Propaganda, de la germanisation, de la nazification, de l’enrôlement volontaire, le nombre sans cesse croissant de réfractaires, d’évadés, de résistants, le rejet de la nationalité comme Volksdeutsche, (Allemands du Peuple) d’où les suspicions de Keitel et de Hitler sur ces soldats peu sûrs, ont provoqué la fureur des SS, les soldats politiques du Reich décimés à l’Est et appelés en urgence en Normandie, suite au débarquement.
    Les nazis non contents d’avoir rendu l’Alsace-Moselle exsangue, par le génocide programmé d’une génération de 40 000 † cochons de Français, pour de soi-disant motifs ethniques et d’une idéologie nauséabonde, ont utilisé ces sous-hommes, « diese Untermenschen », non seulement comme chairs à canons, mais aussi à salir leur honneur et par la vindicte de certains, celui de toute une région.

    Questions :
    Pourquoi la France n’a-t-elle pas fait d’efforts pour extrader ou kidnapper le Gal. LAMMERDING, commandant du régiment Der FÜHRER et de la division Das REICH, mort dans son litt sans aucun procès, comme l’ont fait les Juifs pour EICHMANN ?
    Ne serait-ce pas par crainte que soient dévoilés les turpitudes, dénonciations et faits de collaboration des Miliciens, des Politiques, des Notables et des Résistants de la dernière heure?
    Au fait aurait-on affiché leurs noms à ORADOUR ou ailleurs, comme le furent ceux des incorporés de force? Y aurait-on aussi placardé les noms des Miliciens, des tortionnaires comme Jean Filliol, de ceux qui avaient désigné Oradour ?
    Qui pour afficher ou faire connaître les noms des engagés volontaires, des soldats et officiers de l’armée française originaires du Limousin, dans la LVF, la Légion des Volontaires Français, combattant sous uniforme des Waffen SS de la division Charlemagne et aussi incroyable que cela puisse paraître, les derniers remparts d’Hitler ?
    C’est aussi pourquoi furent assassinés les interprètes, dont des Alsaciens-Mosellans, immédiatement après le départ des Allemands, sans aucun jugement, empêchant certaines révélations gênantes.
    Pourquoi personne, pas même les Historiens, n’auront accès aux archives concernant cette horrible massacre avant 100 ans, soit en 2044 ? Des hypothèses courent sur lesquelles je ne me prononcerais pas, mais cette opacité institutionnelle ne peut entraîner que des soupçons !
    Déjà en 2006, interrogeant le Conseil d’Etat sur les avis de ses juges qui ont motivé l’exclusion des orphelins des « Malgré-Nous », notamment du décret du 27 juillet 2004 indemnisant des orphelins de parent victimes de la barbarie nazie, comme nous, il me fut répondu cette arrogante grossièreté, ressentie comme du mépris : ‘’ATTENDEZ DONC 60 ANS !’’

    La SIPPENHAFT, les représailles sur les membres du clan familial,
    « Leur salut eut sans doute été dans la fuite, pas celui des membres de sa famille »

    La SIPPENHAFT, instaurant les représailles collectives sur les familles est bien présentée dans cet article, mais elles sont inconnues de nos compatriotes, car les experts qui rédigent les livres pour les Collèges et Lycées, n’y font pas allusion et les professeurs d’Histoire sont obnubilés par le programme qui ne laisse aucune place à ses « oubliés de l’Histoire, » titre de votre intervention dans Match, une initiative que nous saluons.
    Cette Sippenhaft fit suite aux décrets criminels du 25 août 1942 de l’obligation militaire, constatant que l’appel aux volontaires fut un fiasco (environ 2 300 dont une majorité d’Allemands de souche nés en Alsace-Moselle avant 1918 que les nazis firent passer pour des autochtones) ou quelques jeunes Alsaciens-Mosellans choisissant la Luftwaffe, _ une formation longue_ voire la Kriegsmarine, leur évitant ainsi le front russe.
    Cette mesure criminelle de la légalisation des représailles par les Gauleiter Robert WAGNER* pour l’Alsace et Joseph BÜRCKEL* pour la Moselle, prenant les familles en otages, avec la confiscation de tous leurs biens au profit d’Allemands, leur déportation pour des travaux forcés dans les mines et usines d’armement en Poméranie, Silésie etc., explique aussi pour ceux qui veulent bien l’entendre, l’incorporation de force de masse d’environ 130 000 des nôtres, toute une génération dans la force de l’âge, condamnés eux aussi aux mêmes peines ou exécutés pour insoumissions ou évasions. * fusillé suite aux condamnations du tribunal militaire de Strasbourg le 14 août 1946 au fort Ney ; BÜRCKEL se suicida.
    Même au Mémorial d’Alsace- Moselle à Schirmeck, inauguré le 18 juin 2005, la Sippenhaft, n’est ni clairement, ni abondamment expliquée, ni illustrée par des cas concrets, décrivant l’ampleur de ce crime contre l’humanité et sa portée sur les familles dont un tiers des membres, hommes, femmes, enfants y laissèrent la vie, ce que mon ami Gérard MICHEL de Handschuheim qui m’a succédé, sur ma proposition, en juin 2010, au poste de Président exécutif de l’OPMNAM, veut faire aboutir, avec une belle constance.
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    Les malheurs de l’Alsace- Moselle font suite à deux défaites éclair de la France, dont le premier abandon par le Traité de Frankfort du 10 mai 1871,

    Rappelons cette phrase de Charles PEGUY,
     : « Je n’aime pas qu’on me parle des Alsaciens-Lorrains. Quand on a vendu son frère, il vaut mieux ne pas en parler. »
    Par là, il tenait à rappeler que l’Assemblée Nationale en 1871 ratifia par 547 voix contre 106 la première annexion, malgré de vives protestations de nos élus prédisant les guerres futures, faisant des Alsaciens-Mosellans des « Allemands pour l’éternité », termes rappelés dans le remarquable livre en couverture de Nicolas MENGUS et d’André HUGEL, éditions le Belvédère et fort justement par Vous, Madame Vivianne JALRAS.
    Cette annexion, suite au traité de Frankfort du 10 mai 1871, donc légale pour le droit international, mais pas dans le cœur des Alsaciens-Mosellans auxquels on ne lassa pas le choix de leur destin, fut une des plus grandes erreurs historiques de tous les temps, par Bismarck, ainsi que le couronnement du roi de Prusse comme empereur d’Allemagne au Palais des glaces à Versailles, ressenti comme une provocation, source de revanche !
    Cette première annexion fut vécue, en Alsace-Moselle, comme le premier abandon de la France, mais il y en eut d’autres !
    Admirez, avec quelle hypocrisie la France se défausse de ses responsabilités suite à sa défaite et à l’annexion : « Devenu sujet allemand le 01.10.1872, faute d’avoir opté en temps utile pour la nationalité française »

    Le MUR des 40 000 NOMS,
    Disons –le tout de suite, la décision est prise, grâce à détermination de Philippe RICHERT, Président du Conseil Régional d’Alsace, déjà à l’origine du Mémorial, concernant le projet de l’OPMNAM présenté dès l’an 2000, puis en 2002 etc., pour l’édification d’un MUR des 40 000 NOMS à Schirmeck, avec l’appui et le concours financier des collectivités territoriales d’Alsace et de Moselle. Le recensement est en voie de finalisation auprès des communes.
    L’Allemagne comme suite à notre demande dès l’an 2000, renouvelée à plusieurs reprises, aura mis 7 ans pour refuser officiellement par son Bundestag, le 20 septembre 2007, sa participation financière et pourtant elle ne nous a pas rendu les corps et jamais elle n’a demandé pardon, ni réparé les préjudices causés aux orphelins, aux veuves et aux familles des 40 000 †tués ou portés disparus.
    Je tiens aussi à informer les lecteurs que le Conseil Général de la Moselle, sous l’impulsion du Sénateur Philippe LEROY dès 2006, alors Président du CG 57, projet poursuivi par son successeur Patrick WEITEN, devrait inaugurer cette année un Musée sur l’Histoire mosellane de 1870 à 1918 et un MUR DES NOMS pour les militaires de toutes les guerres depuis 1870 à nos jours dont ses incorporés de force .
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    Mon père, ce ‘’Malgré-Nous’’ assassiné en Prusse orientale, avec préméditation,
    Oui, mon père, comme des dizaines de milliers d’Alsaciens –Mosellans, a effectué son service militaire, des rappels et la guerre de 1940 dont une captivité de 5 mois, pour être libéré par les Allemands, avec l’arrière- pensée d’en faire un citoyen du Reich pour mille ans. La Gestapo vint l’arrêter en février 1944, j’avais 3 semaines et il fut longtemps porté disparu pour en fin de compte être déclaré décédé en Prusse orientale le 18 janvier 1945 dans sa trentième année. Il était entrepreneur de transports.
    Au sein de l’OPMNAM, plusieurs pères de familles nombreuses, de 3, 4 enfants et plus, ont été envoyés l’Est comme chairs à canons, ermordet, assassinés avec préméditation.

    Statut de DEPORTES MILITAIRES,
    Oui, il fut déporté comme d’autres dans des wagons à bestiaux, à partir du territoire national d’où le Statut de DEPORTES MILITAIRES à l’égal des Déportés Politiques que vous rapportez dans votre article, accordé par le gouvernement provisoire dès 1945, termes certes quelque peu impropres, s’agissant de civils utilisés contre leur volonté par la puissance occupante pour son effort de guerre, oppression interdite par les Conventions de la HAYE de 1899 et 1907 à l’encontre des « personnes protégées », d’ailleurs signées par tous les belligérants.
    Ce statut de déportés militaires, dites-vous avec raison, « a disparu au courant des années 50, sans doute sous l’influence d’associations de déportés proches du Parti communiste français. »

    Ces premiers SOLJENITZINE:

    Certes des communistes faisaient partie de la résistance en Limousin et ne nous voilons pas la face, également à Oradour * qui n’avait pratiquement jamais vu d’Allemands dixit Robert HEBRAS, contrairement à notre province qui a subi leur tyrannie, ‘’Die GEWALTHERRSCHAFT’’, reconnu par SCHRÖDER le 28 août 2000.
    Mais leur hargne à enfoncer les ‘’Malgré-Nous’’ et les Alsaciens remonte aux témoignages de ceux que j’appelle ces premiers SOLJENITZINE, revenus des horribles camps soviétiques, décharnés, en haillons et malades, marqués dans leurs âmes et dans leurs chairs.
    Pour le PCF, grands accusateurs de ces 13 jeunes incorporés de force alsaciens, ils eurent, ‘’l’outrecuidance de dénoncer le paradis soviétique, en réalité un enfer sur terre’’, dans ces horribles camps ou goulags où agonisèrent des milliers de leurs camarades, autant sinon davantage que les déportés résistants internés dan les camps de concentrations allemands!
    Là encore la mère Patrie, d’abord Vichy, puis le gouvernement provisoire et la IVè République, abandonnèrent ses enfants pris en otages par Staline. Les moult tracts lancés sur les lignes allemandes par les Russes et la France libre, leur proposant une prompte libération pour rejoindre leurs familles en cas d’évasion de l’armée nazie n’était qu’une macabre fumisterie!
    Beaucoup y ont cru, mais parmi les 10 000 porté disparus et avant de rejoindre l’un des 6000 camps russes à TAMBOV, lieu de regroupement des Alsaciens-Mosellans ou en Sibérie, nombre d’entr’eux, en se présentant comme Franzouski, un petit bout de tissu tricolore cousu dans la vareuse, furent battus à mort par les Russes et le Partisans, comme le père de mon ami René ADAM, ou fusillés, pendus pour cause d’exactions, de massacres, de ‘’zabrage’’* de populations civiles par la LVF, hommes, femmes, enfants, comportements sauvages condamnés par la Wehrmacht elle-même! Combien d’Oradour ? * ‘’Les beaux jours des collabos 1941 / 1942 » par Henri Amouroux
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    Indemnisation des incorporés de force, le dessous des cartes
    ,
    Madame JALRAS, quand on évoque l’indemnisation des incorporés de force, sans davantage de précisions, je vois rouge.
    En effet, j’ai entamé dès 1998, au cours de 15 longues années, une correspondance de plus de 70 lettres, requêtes, rejets, appels avec G. SCHRÖDER, A. MERKEL, N. LAMMERT le Président du Bundestag et de nombreux élus allemands, l’ensemble des autorités allemandes, ‘Die deutsche Stellen’’ et même auprès de Hans-Gert PÖTTERING en 2007/2008 , alors Président du Parlement Européen à Strasbourg
    Ajoutons y aussi 3 requêtes contre l’Allemagne, auprès de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, au titre de l’OPMNAM avec 65 de nos membres, aussi à titre personnel comme orphelin d’un Malgré-Nous.
    J’ai rédigé un document, résumant ces démarches d’ailleurs infructueuses, l’Allemagne nous jouant un mauvais remake de PONCE PILATE au pays d’ALZHEIMER et la CEDH lavant plus blanc que blanc dixit Coluche, conférant à la Bundesrepublik, une totale impunité et immunité pour les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis ; je peux être plus clair…

    Supercherie, mensonges et imposture de cette fumeuse aumône, qualifié d’ indemnisation des Incorporés de force.
    La grande générosité de l’Allemagne, des vessies pour des lanternes…

    Parler d’une indemnisation des incorporés de force par les accords franco-allemand du 31 mars 1981, négociés, non sans mal par Daniel HOEFFEL, alors Ministre, sans en citer le montant, au total 250 millions de DM soit 120 millions d’€, à peine le gain au premier rang d’un loto Euromillions, mais pour une seule personne et non sur 86 500 qui ont tendu la sébile, est une tare chez nos politiques et nos journalistes, donnant l’illusion d’un pactole alors qu’il s’agit en réalité d’une misérable aumône de 2 800DM ou 1 387€ par famille, versés indifféremment aux survivants ou à leurs ayants cause et aux veuves des tués , non remariées.
    Distribuer la même somme par la FEFA, la Fondation Entente Franco-Allemande à ces dernières, n’est pas innocent. J’avais à l’époque, interdit à ma mère restée veuve de tendre la sébile, mais elle me dit, « j’y ai droit et ce sera pour toi plus tard. » Je devinais la supercherie, qui s’est confirmée plus tard. Ainsi le seul héritage de mon père se résume à cette obole qui en devient insultante.
    Oui, il y eut supercherie et imposture, car ce qui devait être un geste certes bien petit pour les souffrances endurées, habilement transformé en réparation du préjudice moral pour l’incorporation de force, et pour les veuves comme une grande générosité de l’Allemagne, se transforma, le temps aidant, sans protestation de leur part, ni des 20 000 orphelins trop occupés à construire leurs vie, en un solde de tout compte, bien sûr non écrit.

    QUELLE HYPOCRISIE et quels MENTEURS !
    La RFA nous écrit avoir confié à la Fefa, « de moyens financiers substantiels  » erheblichen finanziellen Mitteln »

    Les autorités allemandes sous SCHRÖDER et sous MERKEL, ont eu l’outrecuidance de nous écrire que la Bundesrepublik avait doté la Fefa de moyens financiers substantiels, « erheblichen finanziellen Mitteln » sur la répartition desquels la RFA n’avait aucune influence, kein Einfluss !
    Quelle Hypocrisie !
    Ainsi, la VVH, la Valeur de la Vie humaine de nos pères et des 40 000 tués ou portés disparus est estimée comme un bœuf à la foire pour 1 387€. Quelle honte et aucun Politique au niveau local pour protester, uniquement préoccupé par les élections, réélections et les ors et avantages dispensés généreusement par la République aux plus dociles d’entre eux, à la condition de ne pas poser trop de questions.
    *********************
    Les DISCRIMINATIONS et MENSONGES de l’ETAT FRANCAIS
    Idem quant à l’hypocrisie, aux mensonges, au travestissement de la vérité historique par la France, par sa justice ou injustice administrative, c’est selon, son Conseil d’Etat, au total 5 longues et onéreuses années de procédures, organismes aux services de l’ Etat, pas des citoyens et qui sont tous devenus amnésiques, quelle belle unanimité !
    La CEDH, également saisie par l’OPMNAM a jeté notre dépôt de plainte, appelée requête comme si on tendait la sébile, directement à la poubelle en juin 2012.
    Payés grassement par les Pouvoirs en place, toutes ces organismes, nous classent comme la dernière roue du carrosse, refusant de nous considérer comme victimes des persécutions et de la barbarie nazie, pour de sombres aspects financiers et l’opposition des associations de déportés et même d’orphelins comme les Fils de tués.
    Personne pour condamner les Etats criminels, pour les contraindre à assumer leurs responsabilités hormis Nicolas SARKOZY dans son discours historique devant la Nation en Alsace le 8 mai 2010 mettant l’Allemagne devant ses responsabilités et condamnant avec force la France collaborationniste qui avait abandonné et trahi les Alsaciens-Mosellans.
    Mais même lui, a oublié les réparations !

    EXTRAITS du discours historique devant la Nation par Nicolas SARKOZY,
    Président de la République, le 8 mai 2010 en Alsace, à Colmar:

    « Il fallait qu’un Président de la République vint un jour ici pour dire aux Français ce que fut le drame de l’Alsace et de la Moselle. »
    « Je suis venu aujourd’hui en Alsace réparer une injustice. »
    Le silence n’a fait qu’ajouter à la douleur parce que ce silence était comme un soupçon.
    A partir de 1942, les Alsaciens et les Mosellans furent enrôlés de force dans l’armée allemande. On leur mit un uniforme qui n’était pas celui du pays vers lequel allaient leur cœur et leur fidélité, on les envoya se battre pour une cause qui n’était pas la leur et qu’ils haïssaient. On les força à agir contre leur patrie, leur serment, leur conscience.
    Ils furent 130 000. 30 000 sont morts au combat. 10 000 furent portés disparus. Les « malgré nous » ne furent pas des traitres.
    Ce furent des victimes. Des victimes du nazisme. Des victimes du pire régime d’oppression que l’histoire ait connu.
    Les victimes d’un véritable crime de guerre
    Les menaces de représailles qui pesaient sur leurs familles ne leur laissaient pas le choix. Ce On les envoya sur le front de l’Est.
    A leur souffrance morale, s’ajoutèrent les pires souffrances physiques.
    Ceux qui furent faits prisonniers connurent des conditions de détention effrayantes.

    Et de condamner avec force, VICHY :
    A leurs familles, à leurs enfants qui ont souffert aussi, aux survivants de cette tragédie, je veux dire que ceux qui les ont abandonnés, ceux qui n’ont rien fait pour empêcher cette ignominie perpétrée contre des citoyens français, ont trahi les valeurs de la France, l’ont déshonorée.
    Vichy a trahi la France et l’a déshonorée. La collaboration fut une trahison et un déshonneur.e ceux qui les o
    Ce discours d’un Président de la République, nous l’attendions vainement depuis 65 ans. Il est aussi important pour les Alsaciens-Mosellans que celui de Jacques CHIRAC pour les Juifs au Vel d’Hiv. le 16 juillet 1995.
    Il aurait pu aussi évoquer le sort des Orphelins, l’abandon de la IVè République, le rôle négatif du PCF, qui ont laissé des milliers des nôtres, pris en otages, agoniser dans les horribles camps russes, pour ne pas déplaire à un tyran.
    Toutefois ce discours n’a pas donné les suites attendues.

    Le Conseil d’Etat en 2011 a refusé de tenir compte de ce discours, comme il a ignoré le Statut de Déportés Militaires et celui de victimes de la barbarie nazie.
    La justice administrative, les gouvernements et leurs ministres ou secrétaires et sous- secrétaires d’Etat, leurs dircab. successifs, n’ont pas révisé leurs jugements et ont continué à nous exclure du bénéfice des décrets JOSPIN en 2000 pour les orphelins de déportés juifs* et RAFFARIN en 2004 * pour les orphelins de déportés résistants ou fusillés, eux pleinement reconnus comme victimes des persécutions ou de la barbarie nazie, pas nous. * au choix entre 27 740€ en capital ou 457€ de rente mensuelle viagère soit en 10 ans : 457€x12x10 = 54 840€ , le double du capital sans compter de 2,5% de revalorisation par an depuis le 1er janvier 2010 et 109 680€ en 20 ans, si dieu prête vie !
    Ils mentent tous et ne se privent pas de travestir la vérité historique. Pour exemple, en faisant de nos pères des combattants, comme le père d’un de mes amis « décédé le 26 décembre 1944 à Schonwalde en Prusse Orientale au cours d’opérations de guerre, lors d’un strict conflit entre Etats » ou autre formulation « au cours d’un état de belligérance », en somme des citoyens- soldats morts pour la défense de leur patrie.
    Où était l’armée française de 1942 à 1945 ? Sur le Front russe ? Quel uniforme portait mon père et ses 40 000 compagnons d’infortune quand ils ont agonisé dans la neige, le froid, dans les camps russes ?
    C’est cela la Justice ! NON c’est de l’HYPOCRISIE et le travestissement de la vérité historique !

    POURQUOI ?
    Mais posons- nous la question, POURQUOI ? Oui, pourquoi l’exclusion des Orphelins des incorporés de force des décrets de JOSPIN en 2000 ou RAFFARIN en 2004?
    En sélectionnant uniquement deux catégories d’Orphelins de guerre, la France à écarté du bénéfice de ces deux décrets tous les autres orphelins de la guerre de 1939/45 et des autres conflits.
    Ainsi, si parmi vos parents aucun n’a été déporté, mais simplement reconnu ‘’mort pour la France’’, pour exemple lors des combats de 1940, dans les armées françaises ou alliées, dans le maquis, les FFI, les FFL les armes à la main ou parmi les 1,8 millions de prisonniers en Allemagne durant 5 ans, vous n’êtes éligible à aucun de ces deux décrets puisqu’ils n’indemnisent que les souffrances des orphelins des déportés causées par les persécutions nationales socialistes antisémites ou par la barbarie nazie.
     Tout d’abord au titre de ces persécutions et de cette barbarie nazie, d’ailleurs un pléonasme, les revendications des orphelins des incorporés sont tout aussi légitimes.
     Nous refusons aux politiques d’instaurer une échelle de RICHTER des souffrances des orphelins les uns par rapport aux autres
     Disons le tout net, c’était à l’Allemagne d’assumer ses responsabilités quant aux victimes des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité en tant « qu’Etat successeur du Reich allemand » dixit la CEDH le 12 mai 2009 et d’indemniser les orphelins. C’est le cas des orphelins des incorporés de force qui pour la CEDH, également ce 12 mai 2009, « n’eurent pas droit à réparation » mais la Chancelière MERKEL et le Bundestag s’y refusa et la CEDH accorda à la RFA, on ne sait trop pourquoi, l’IMMUNITE et l’IMPUNITE pour leur pays criminel !
    Ajoutons qu’à l’image du peu d’empressement pour faire extrader ou kidnapper le Gal. LAMMERDING, le bourreau d‘Oradour, la France, ni aucun de ses Présidents de la République, de ses élus(es) même en Alsace-Moselle n’a levé le petit doigt pour nous aider dans nos démarches depuis 15 ans, afin que l’Allemagne honore les dettes vis-à-vis des Orphelins des incorporés de force. Aucun élu n’a jamais songé à proposer à l’OPMNAM la moindre subvention sur sa cassette parlementaire, au bas mot 150 000€ par an, mais pour certains c’est bien davantage !
     La France, si elle indemnise certains orphelins, c’est qu’elle se sent coupable et responsable, mais ne l’est-elle pas tout autant pour tous les orphelins des victimes de ses errements, de ses trahisons, de ses abandons, des citoyens qui sont morts pour elle, « morts pour la France ?»
     En classant nos pères » morts pour la France », une mise sous tutelle y compris de leurs orphelins adoptés par la Nation, ( moi ce ne fut qu’en 1959, j’avais déjà 15 ans) et non à cause d’elle et à cause de l’Allemagne, la soi-disant mère patrie s’arroge tous les droits sur nous, y compris celui de ne pas nous soutenir dans nos démarches pour obtenir de légitimes réparations de nos bourreaux.
    CONCLUSIONS,
    Pour conclure, je citerais le titre d’un article des DNA par JF CLERC le 4 avril 2009, suite à l’audition d’orphelins des « Malgré-Nous », au tribunal administratif de Strasbourg.
    « Difficile de distinguer la douleur entre deux orphelins »
    Lors de cette audition, le Rapporteur Public Henri SIMON, représentant le gouvernement a reconnu que :
     « Les incorporés de force ont été victimes de la barbarie nazie et leur mort est la conséquence de leur incorporation de force par le Reich et leurs orphelins sont victimes de la barbarie nazie, un crime de guerre ».
    La germanisation, la nazification, les emprisonnements, les tortures, les assassinats, l’incorporation de force, les déportations, la pression et les représailles exercées sur les familles ont été qualifiés par le Tribunal international de Nuremberg de crimes de guerre et de crime contre l’Humanité
    Mais ni le TA de Strasbourg, ni la Cour administrative d’appel de Nancy, ni le Conseil d’Etat tous aux ordres, n’ont suivi ce jugement responsable !
    *************************

    Les DISCRIMINATIONS faites aux Orphelins de Guerre et Pupilles de la Nation de citoyens français reconnus « morts pour la France », sont un DESHONNEUR pour notre pays.
    Pour les 20 000 orphelins des 40 000 incorporés de force d’Alsace-Moselle, tués ou porté disparus, des citoyens français, reconnus « morts pour la France » mais aussi à cause d’elle, déportés comme d’autres à partir du territoire national, abandonnés et livrés pieds et mains liés aux nazis pour endosser un uniforme vert de gris abhorré, assassinés dans cette armée ennemie d’un pays à l’idéologie nauséabonde, je n’aurais de cesse d’exiger avec de plus en plus de force, que l’Allemagne paie ses dettes IMPRESCRIPTIBLES pour crimes commis, d’une extrême gravité, selon l’ONU le 26.11.1968 et la CEDH , le 25. 01. 1974.
    Je demande à l’Etat français d’assumer ses responsabilités car il est CORESPONSABLE de notre tragédie et du triste sort des orphelins des « Malgré-Nous », un nouvel abandon.
    TROP c’est TROP !

    Bernard ERNEWEIN Orphelin d’un « Malgré-Nous » , orphelin d’un crime de guerre et d’un crime contre l’Humanité, Président fondateur de l’OPMNAM

    • Bravo pour la rédaction de cet article que j’approuve en totalité , mon cas est similaire .
      Avant les décrets de 2000 et surtout celui de 2004 nous étions des Orphelins de
      Guerre de pères « Morts pour la FRANCE , maintenant nous ne sommes plus que

      des Orphelins de Guerre de « Morts pour la FRANCE  » DISCRIMINÉS……!

      LISKA-TOSI Jean- Claude

  2. Bonjour,
    Merci Monsieur Ernewein! Oh! combien vous exprimez dans votre réponse à Madame Valras, notre incompréhension, notre douleur et notre colère à toutes et à tous! Nous n’avons rien à ajouter…C’est une honte que notre PAYS, pour qui nos pères ont donné leurs vies, nous traite ainsi! La France ignore ses enfants, comment ses dirigeants peuvent-ils se regarder dans un miroir??? Pas de honte, pas de remords, pas de compassion pour ces enfants ayant perdu leurs parents
    respectifs, lesquels se sont battus afin qu’aujourd’hui ces dirigeants puissent être à la tête d’un pays LIBRE! J’ai honte pour eux….
    Marie-Louise Lorenzon, fille d’un incorporé de force mort à 20 ans!

  3. Merci Marie -Louise, merci Jean – Claude, vous qui avez perdu un père, non pas à lors d’une guerre dite classique, d’ un strict conflit entre Etats, comme ils disent, par la noble incertitude des armes », ou ‘’la glorieuse malchance des armes’’ pour le préfet honoraire Jean-Yves AUDOUIN, auteur d’un rapport selon sa lettre de mission du 12 décembre 2007, mais ‘’d’un véritable crime de guerre, d’un crime contre l’Humanité, contre le droit des gens, un crime contre l’Humain, contre les Droits de l’homme comme l’ a déclaré solennellement Philippe RICHERT, Président de la Région Alsace le 25 août 2012 au Mont National à Obernai devant la grande Croix en mémoire des 40 000 tués et porté disparus, victimes de la barbarie nazie,
    C’était à l’occasion des décrets criminels de l’obligation militaire dans l’armée ennemie du 25 août 1942, sous peine de représailles sur les familles, drame toujours présent, ressenti comme une négation de tous les droits et un abandon, cérémonies commémorées dans toutes les communes d’’Alsace-Moselle. La veille, le gouvernement actuel, pourtant prévenu à avance n’avait désigné aucun responsable politique pour le représenter. Il a fallu que Roland Ries, Sénateur et Maire de Strasbourg, membre du bureau national du PS, tape sur la table au congrès national du Parti à la ROCHELLE, pour que Kader ARIF soit parachuté au dernier moment.
    Le nouveau Président de la République, sans doute en vacances, n’a pas daigné se déranger pour honorer ces 40 000 morts , des citoyens français déportés, incorporés de force tués ou portés disparus les deux à la fois et de ce fait reconnaître la lourde responsabilité de la France. Il le fait pourtant très souvent pour les 99 pendus de Tulle, autre crime de guerre des Waffen SS allemands.
    Jean-Claude, les archives nationales viennent de te confirmer le Statut de DEPORTE MILITAIRE de ton père, accordé par le gouvernement provisoire dès 1945 aux incorporés de force, statut égal aux Déportés politiques, mais mis sous l’éteignoir par l’ETAT, sous la pression d’associations d’anciens combattants, de déportés juifs ou autres et du PCF, en tout cas qui ne nous ont jamais soutenu, pour preuve encore l’exclusion de l’OMPNAM sous Jean-Marie BOCKEL alors Secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants des 9 réunions de la Commission Nationale de Concertation qui a échoué, sapée de l’intérieur par les mêmes. Voyez ci-dessus mon texte sur nos premiers SOLJENITZINE. Ainsi 20 000 Orphelins d’Alsace-Moselle ne seront pas représentés!
    Notre association a demandé lors d’une longue et coûteuse procédure de près de 5 ans, avec l’un de ses amis, orphelin d’un « Malgré-Nous », les raisons de cette disparition de DEPORTES MILITAIRE du code des pensions militaires, ceci aux différents stades de la justice administrative dont au final, au Conseil d’Etat qui s’est monté totalement muet comme au temps de la Propaganda Staffel et de la honteuse collaboration.

    Marie Louise, tu te bats depuis des années pour retrouver la sépulture de ton père que tu as trouvé récemment. La France et l’Allemagne participeront-elles au retour de son corps pour retrouver une place dans sa terre natale auprès des siens ?
    SVP, tenez – nous au courant.
    Le mien, porté disparu des années durant est inscrit sur le registre d’un ‘’Deutsche Soldatenfriehof’’, une horreur pour moi, à MWAKLA en Pologne, en réalité un ossuaire avec une croix plantée tous les 100m. C’est aussi le cas de notre amie ERICA.

    LE COMBAT CONTINU pour l’égalité républicaine dont se targue François HOLLANDE

    Oui, le combat continu avec vous, orphelins des ‘’Malgré-Nous’’, mais aussi pour les ‘’OUBLIES de l’HISTOIRE’’, la devise du Président André LEFEBVRE de l’ANPNOGD, l’Association Nationale des Pupilles de la Nation, Orphelins de Guerre et du Devoir forte de près de 8 000 membres répartis sur tout le territoire et le titre de l’article de Vianne de JALRAS, avec tous les Orphelins de Guerre et Pupilles de la Nation de toutes les guerres, 39/45, l’Indochine, l’Algérie et du Devoir .
    Ce combat commun, de ces oubliés de l’Histoire, pour certains comme nous, traités en parias, est clairement dirigé depuis maintenant 13 ans contre deux Etats amnésiques et irresponsables, la France et l’Allemagne et des promesses fallacieuses de candidats aux hautes fonctions, de leurs gouvernements qui nous font lanterner, dans l’attente pas du tout voilée de l’extinction de notre génération.
    Depuis 2000 et le premier décret discriminatoire, 102 000 OG et PN sont décédés à raison de 8 500 par an selon l’INSEE. Comme les ayants-cause sont exclus de toute indemnisation, une entourloupe, un déshonneur de plus, les gouvernements ont enfin trouvé un poste pour faire des économies. Dans 20 ans, comme pour les derniers poilus, on en épinglera quelque uns d’entre nous parmi les plus résistants, dans la Cour de l’Elysée, au 14 juillet. Vive la France !

    QUESTION de FINANCES

    Alors que l’Etat a trouvé je ne sais où, sinon par des emprunts sur le dos des contribuables, 70 milliards d’€uros pour nos banquiers sinon véreux, du moins inconscients et irresponsables, pour ces profiteurs implantés en Grèce, en Irlande, en Espagne, au Portugal et qui sait ailleurs dans des paradis fiscaux, L’Etat, la France, n’a plus un sous pour la reconnaissance par la mère Patrie des souffrances et préjudices incommensurables infligés à ses enfants dont elle, a fait des Orphelins.
    Pourtant une solution simple et judicieuse existe qui n’affecterait aucunement les finances de l’Etat, c’est de prélever un pourcentage à définir et pour une durée limitée, ce que l’OPMNAM à déjà proposé, même sous Sarkozy, sur tous les gains des jeux d’argent, lotos, Pmu etc., au-dessus d’une certaine somme, montants prélevés à la source. La création de Loterie Nationale, pour exemple‘’, les Gueules cassées’’, dont les stands étaient réservés aux veuves de guerre, avait comme objectifs le secours aux victimes de guerre.
    —————————
    Marie Louise et Jean-Claude vous qui êtes membres du C.A de l’OPMNAM, mais aussi de celui de l’ANPNOGD et toi Marie – Louise come Présidente de la délégation mosellane forte de 400 membres dont je fais également parti et comme vice-Présidente nationale, faite part de cette proposition au Président André LEFEBVRE, voire aussi une proposition d’une aide pour le séjour en maison de retraite ou pour la grande dépendance.
    On pourrait examiner ces propositions avec celles de l’ANPNOGD, ensemble. Qu’en pensez-vous ?
    Bien cordialement, Bernard ERNEWEIN Orphelin d’un crime de guerre, d’un crime contre l’Humanité.

    • Pour Monsieur ERNEWEIN,
      Lors d’un voyage très récent à Saint Petersbourg, une guide russe m’a dit avoir recueilli quelques renseignements sur un camp près de Saint Petersbourg à la suite de la demande de Français qui recherchaient les traces d’un membre de leur famille disparu.
      Je pourrai vous communiquer l’adresse mail de cette dame.

      • Merci Jeanine

        C’est très intéressant et je vais prévenir nos amis(es), notamment ceux ou celles qui ont perdu un père dans l’un des 6000 camps russes dont TAMBOV
        Mes amitiés Bernard

  4. Bonjour,
    Merci pour cette article.
    Je n’es pas connu mon grand père et la honte, le désir d’oublier, la peur d’être jugé a fait que personne m’en a jamais parlé dans la famille. J’ai donc compris que tardivement que mon grand père avait été enrôlé de force dans l’armée allemande se qui a été un choc pour moi ayant toujours entendu que la France était « les bons » et les Allemands « les mauvais ». Malgré les « cours d’histoire » où évidemment je n’es jamais entendu parler de ces évènements. Voila donc une dizaine d’années que j’ai ouvert les yeux sur la situation. Aujourd’hui la maison familiale ayant été vidée j’ai découvert des papiers qui m’ont permis d’y voir plus claire beaucoup de questions restent tout de même sans réponse pensez vous pouvoir m’aider. Merci

  5. bonjour,
    ma mère, Jeanne Walter de son nom de jeune fille, décédée aujourd’hui, s’est toujours demandée ce qu’il était advenu de son cousin, Léon Stégel, un malgré nous , disparu sur le front russe: mort au front, dans un camp Russe ?Sans doute ne le saura -t-on jamais…qui cela intéresse-t-il après toutes ses années ?
    C’est bien d’en parler face à toute cette hypocrisie.
    Cela ne ramène personne mais cela leur rend hommage.
    marie-josée

  6. contrairement à tout ce qui est habituellement rapporté ,l’association des malgré nous a vu le jour en 1920 : elle concernait les lorrains et les alsaciens mobilisés côté allemand en 14-18: c’est un terme qu’ils s’étaient donnés entre eux et avec lequel certains ont pu s’échapper en se faisant faire volontairement prisonniers en particulier en russie à ce moment là ils ne se retrouvaient pas forcément en camps mais placés dans des chateaux ou des fermes : c’est la révolution russe qui a rendu leur sort plus alléatoire : c’est le sort de mon grand père qui a mis ensuite près d’une année après le 11 novembre 1918 pour rentrer en France .mais…..était-il allemand ou Français ?
    En 1870 son père avait opté pour la France et état parti s’installer en haute saône , sa mère née en meurthe et moselle restait Française mais le couple , qui possédait toutes ses terres en Moselle est revenu y vivre par nécessité sans doute : mon grand- père y est né .de parents, restés français, mon grand père a donc été déclaré allemand et a donc été mobilisé en 14 côté allemand !! sa femme se trouvait d’ailleurs dans la même situation que lui .tous deux avaient reçu une éducation en français , ma grand-mère dans une institution religieuse ou l’allemand n’était pas enseigné, mon grand père dans son village où il a passé le certificat d’étude en français .voila l’origine des malgré nous et voila pourquoi les soldats mosellans morts au combat sont quand même sur nos monuments :
    bien sûr ce terme de « malgré nous  » a pris une autre ampleur lors de la seconde guerre mondiale : mais il ne faut pas tous, les faire passer pour des martyrs : en1940 on avait une meilleure connaissance de ce qui pouvait arriver et les départs vers la France ont été nombreux : il y a eu au lendemain de la manifestation du 15 aout à metz les expulsions massives ( une banderole où il était ecrit en patoi roman  » ç’nam po tojo  » avait été placée près de la statue de la vierge et un tapis de fleurs bleu blanc rouge couvrait presque toute la place st jacques )et ceux qui n’avaient pas été expulsé ont pris la fuite dans l’année qui a suivi ( il n’y avait pratiquement plus personne dans les villages du val de metz )beaucoup des habitants de la frontiere qui eux avaient été évacués par les français ont décidé de ne pas rentrer( les allemands auraient voulu qu’ils rentrent car souvent ,ils étaient de langue francique )d’autes sont revenus : certains ont eu peur , certains étaient trop jeunes et se sont fait rattraper par les 4 ans de guerre , d’autres croyaient au comportement correct des allemands , tous se sont fait pièger et se sont retrouvé au service de l’allemagne .alors on a dit « ils auraient pu ….ils auraient du ……..ils préféraient……l’histoire des « malgré nous de 40-45 est une histoire individuelle : victimes ou non , lâches ou courageux eux seuls le savent : tout le monde n’est pas capable de faire les bons choix au bon moment et les « français de l’intérieur  » n’ont pas réagi différemment( il y a des brebis galeuses partout ) .dans ceux qui sont restés il y a eu aussi des résistants , des passeurs … de pauvres gens ;ordinaires ….comme ailleurs .

  7. BONJOUR JE VOUDRAIS SAVOIR COMMENT FAIRE POUR AVOIR PLUS DE RENSEIGNEMENTS CONCERNANT MON ONCLE LOEGEL ROBERT QUI FAISAIT PARTI DES MALGRE NOUS A ROMBAS 57.MERCI SI VOUS POUVEZ M AIDER.

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