Entretien avec l’humoriste Patson : « j’ai toute l’Afrique derrière moi ! »

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Révélé au grand public grâce au Jamel Comedy Club, Patson est avant tout un humoriste porté par tout un continent : l’Afrique. Drôle, ambitieux, humain… Gros plan sur la relève du stand-up français.

Qu’est ce qui te plait dans le fait de faire rire les gens ?

Quand je fais rire le public et que je le regarde je trouve ça con ! Tu viens, tu me connais pas, je te connais pas, j’essaie de te faire rire, tu rigoles… Qu’on soit blanc, noir ou jaune, on rigole tous ensemble et ça, c’est beau ! Et puis quand les gens écoutent mes conneries, je vois qu’ils oublient tous leurs soucis. Je les envoie dans un autre monde, dans mon monde à moi.

A tes débuts, tu étais éducateur pour enfants… Qu’est ce qui t’a amené à la comédie ?

Le métro ! J’ai pris le métro et je suis allé à la Comédie de Paris (rires). Non plus sérieusement j’aime m’amuser. J’ai commencé à faire rire les gens très tôt, vers 8 ans. Ma mère me disait tout le temps : « Arrête de faire ta comédie et mange ! ». Mes amis m’ont très vite conseillé d’en faire mon métier. Au début je jouais au con et puis après j’ai fais une formation de comédien pour essayer de me professionnaliser.

De quoi tu t’inspires pour écrire tes textes ?

Je m’inspire de tout ce qui m’entoure : de la vie quotidienne, de mon expérience personnelle, de mon entourage, des voisins, des amis, des communautés…

Je regarde aussi les autres comiques, je ne suis pas cantonné dans un seul registre. Aux États-Unis ce sont les débuts d’Eddy Murphy, de Richard Pryor ou de Martin Lawrence qui m’ont donné l’inspiration. Et puis il y a les grands classiques français : Coluche, Desproges, Louis de Funès et Bourvil évidemment ! Sur le continent africain, celui qui a ouvert la voie c’est sans conteste Jean Michel Kankan, le camerounais. Un très grand comédien qui nous a quittés malheureusement !

Sur la scène actuelle, j’aime bien Gad, Jamel avec qui je travaille…

Justement, tu t’es produit plusieurs fois au Jamel Comedy Club, récemment tu as même joué avec Jamel Debbouze en Côte d’Ivoire… Que représente-t-il pour toi ?

patson et jamel

Jamel c’est comme un frère ! C’est quelqu’un qui m’a mis devant les caméras, qui m’a permis de me faire connaître des médias. Et je le remercie tout le temps pour ça !

Sur certains points, on se ressemble beaucoup. Il a le sens des affaires, il travaille comme un fou… C’est un vrai bosseur. Mais surtout, il sait ce qu’il veut ! Et ça, ça me plait.

On peut avoir des différents, on n’est pas toujours d’accord, mais dans tous les cas je ne pourrais jamais l’oublier. Il fait partie de mon histoire.

Aujourd’hui il y a beaucoup de nouveaux humoristes qui tentent de se faire une place parmi les grands. Notamment via le Jamel Comedy Club… Comment te différencies-tu des autres ? Qu’est-ce qui fait ta force selon toi ?

Le travail et l’honnêteté ! Je suis juste et je dis les choses. Quand je n’aime pas quelqu’un je lui dis. Mais quand j’aime les gens je le montre, et je pense que mon public le ressent. Je suis à l’écoute des gens. Avant je travaillais dans le social. J’allais dans les quartiers, dans les maisons de retraites… C’est ça qui m’a aidé à rester vrai !

Ma force c’est aussi de pouvoir toucher toutes les communautés ! Ma force c’est mon métissage, le fait d’avoir le côté blanc et le côté noir. Je suis né en Côte d’Ivoire, mais j’ai vécu en France avec mes parents adoptifs. Ils m’ont beaucoup apporté !

Je pense avoir amené une touche métissée au stand up français. Avant les gens se moquaient de moi, ils disaient : « Ouai regarde le bledard » ! Aujourd’hui je suis fier d’en être arrivé là. J’ai des frères antillais, turques, français… J’ai tout le monde derrière moi. Mais j’ai surtout un continent, le continent africain ! C’est lui qui m’a porté jusque là.

Que représente l’Afrique pour toi ?

L’Afrique c’est la cuisine, c’est la mer, c’est le respect, c’est l’humanité, le continent où le métissage doit être important. C’est le continent où tout le monde doit se retrouver un jour, car on vient tous de là-bas ! C’est le continent qui doit être en paix, le continent qu’on doit respecter. C’est dommage qu’aujourd’hui certaines personnes crachent dessus, heureusement ce n’est pas tout le monde ! L’Afrique c’est une force, c’est mes racines ! L’Afrique est tout pour moi, comme la France d’ailleurs.

En France comme sur le continent africain, tu as déjà fait beaucoup de grandes salles : Le Palais de la Culture (Abidjan), le Théâtre du Gymnase, la Comédie Caumartin, l’Olympia… Quels sont tes futurs projets ?

Le Palais des Sports ! Quand j’étais gamin j’en rêvais et c’est pour bientôt. J’ai aussi prévu d’aller jouer au Congo, en Nouvelle Calédonie, aux Antilles, au Canada, au États-Unis… Mais pour le moment je joue tous les soirs « Mon Nom est Patson », du mardi au samedi, au Théâtre du Gymnase.

A pars ça, je compte créer une école de théâtre. C’est un gros gros projet qui me tient à cœur ! Pour l’instant je vais dans les quartiers, je donne des conseils, je déniche des nouveaux talents… Mais je veux vraiment aller plus loin, je veux aider les jeunes à se lancer !

Cette école leur permettra d’apprendre le métier, de se professionnaliser autant sur le plan théâtral que musical. Ça deviendra un lieu culte ! Que tu sois blanc, noir, jaune, homo ou hétéro, tout le monde pourra venir. L’important c’est le respect ! Je m’en fiche de qui tu es, du moment que tu respectes les principes et les autres.

Ça semble très important pour toi d’aider les jeunes et de leur inculquer certaines valeurs…

Je faisais déjà ça quand j’étais éducateur, c’est mon côté pédagogue. Je sais séduire par la parole, passer des messages… Je suis un ambassadeur !

Le jeune qui ne bosse pas, qui fait sa star et qui croit être déjà arrivé, ça va être difficile pour lui. A l’inverse, un jeune respectueux qui a confiance en son travail n’aura pas de mal. C’est comme tout boulot, si tu bosses bien ça devient de plus en plus facile.

Et toi-même tu as beaucoup travaillé sur ton nouveau spectacle « Mon nom est Patson » : 1 an de réflexion et 2 semaines d’écriture intensive ! En quoi se démarque-t-il de ceux des autres humoristes ? Qu’a-t-il de plus ?

Déjà c’est moi qui joue ! Je suis le plus beau, le plus intelligent, le plus fort et le plus malin de tous les comédiens (rires). La différence c’est que Patson il crée des répliques qui restent cultes : « Yes Papa C KDO », « Jeu de jambes », etc. Les gens me reprennent parfois ; même au poker maintenant on dit « Yes Papa » !

Contrairement à d’autres, j’ai appris à jouer à l’école. Certains comédiens ont de bonnes vannes mais ils n’ont pas les mimiques qui vont avec. Moi j’ai le jeu et le texte ! Ça fait 9 ans que je joue, je commence à avoir de l’expérience. J’ai rempli l’Olympia et d’autres grandes salles sans l’aide de la télé, c’est que le métier est là non ?

Et le cinéma, ça te tente ?

Je dois justement faire une apparition dans un film aux côtés de Noum et Amel Chahbi. Je ne voulais pas faire de cinéma maintenant mais ce projet me tente trop !

Pour le moment je m’amuse tellement bien sur scène que je ne veux pas lâcher ça. Je ne suis pas pressé, chaque chose en son temps ! J’ai déjà reçu de très bonnes propositions, notamment pour Seul Two avec Eric et Ramzy, mais je préfère prendre mon temps. Je suis bien au théâtre, à la radio AFRICA N°1, je suis bien dans ce que je fais, alors pourquoi se précipiter ?!

 Segolen Blancho.

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