PSG : un public taillé pour la Ligue des champions

Les "nouveaux" supporters parisiens dans les travées du Parc

Les « nouveaux » supporters parisiens dans les travées du Parc

Après la défaite contre Reims, Léonardo, le directeur sportif du PSG, a dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas : « Notre équipe est une équipe faite pour les gros matchs, c’est une équipe taillée pour l’Europe ».  Oui c’est juste, mais Ibrahimovic et ses coéquipiers ne sont pas les seuls à être digne de la C1, les nouveaux supporters du Parc des Princes aussi.

Mercredi 6 mars, 21h55 environ, 24 rue du commandant Guilbaud, Jonas, le milieu de terrain brésilien du FC Valence, envoie une flèche en plein coeur de l’orgueil du public parisien. Les espagnols mènent un but à zéro. Un second et le PSG sera éliminé de la Ligue des champions dès les 8èmes de finale.

Il se produit alors quelque chose qui avait disparu depuis bien longtemps dans le sud-ouest du 16ème arrondissement parisien, depuis la mise en place du « plan Leproux » en fait. Ce stade de légende s’est enflammé 30 secondes après la banderille valencienne. Le parc a hurlé, chanté, poussé son équipe, et dix minutes plus tard, Lavezzi et la grinta argentine égalisaient. Fou de joie, le joueur du PSG enlève son maillot et se jette à genoux sur la pelouse, le torse en avant, pour effectuer cette glissade si caractéristique aux footballeurs. Les 45 011 spectateurs du Parc entrèrent alors en totale communion.

La joie de Lavezzi après son égalisation du genoux contre Valence

Pour avoir fréquenté les travées du stade pendant les « années ultras », depuis septembre 2010, je ne reconnaissais plus cette enceinte. Mercredi, j’ai à nouveau frissonné. Mais pourquoi bon sens, attendre ce match de C1 et la peur de l’élimination pour retrouver cette ferveur unique ?

Le « plan Leproux » et sa réussite

Après la mort de Yann Laurence, battu à mort le 28 février 2010 en marge d’un PSG-OM, sans supporters marseillais il faut le préciser ; Robin Leproux président du club francilien de l’époque, édifiait un plan de sécurité visant à mettre dehors les 15 000 supporters les plus passionnés et fidèles du parc. Ces abonnés historiques, ce sont vus dans l’impossibilité de se réabonner dans la tribune de leur choix. Résultat : pendant un an, le Parc des Princes est devenu le stade le plus insignifiant de Ligue 1, avec une moyenne de 20 000 spectateurs par match, et ce malgré la gratuité pour les femmes et les enfants, ainsi que des places à 12 euros en virage pour les hommes.

L’arrivée des nouveaux propriétaires qataris un an plus tard et celle de joueurs de classe internationale a amené les supporters à reprendre le chemin du stade. Désormais, Ibrahimovic, Beckham, Lucas et compères jouent tous leurs matchs dans un stade à guichets fermés, mais devant de nouveaux supporters.

Un public de LDC, et non un simple public héxagonal 

La Ligue 1, c’est ce championnat où vous avez 38 journées pour décrocher le titre, 38 matchs à jouer contre des équipes telles que Reims, Sochaux, Ajaccio ou encore le modeste club d’Evian-Thonon Gaillard. Aujourd’hui, le seul match passionnant pour la dream team parisienne et ses supporters sera un PSG-OM, voire peut-être un PSG-Lyon. Quand vos superstars font un mauvais match qui débouche sur une contre-performance contre les petites équipes citées précédemment, vous faites la moue, vous sifflez, et vous rentrez chez vous la tête basse à travers les allées sombres menant aux couloirs bondés de la ligne 9.

Parce qu’en Ligue 1, vous avez toujours la possibilité de vous rattraper le week-end suivant. Même en jouant très mal, vous avez Zlatan qui peut vous sortir un coup magique de son chapeau et Ibracadabra vous voilà avec trois points de plus dans l’escarcelle. La réalité, c’est que le public parisien n’est que moyennement emballé à chaque rencontre de championnat, car même s’il ne l’avoue pas, il est plus que confiant quant à la victoire finale. En cas de faux pas, il y a la possibilité de se rattraper le week-end suivant et d’infliger un cinglant 4-0. Nos amis bastiais, troyens ou toulousains s’en souviennent.

La Ligue des champions est une autre histoire, surtout à partir des 8èmes de finales. Les 16 meilleures équipes européennes (et donc mondiales…) se retrouvent dans un format match aller-retour. A chaque tour, il s’agit d’un match couperet, sans le droit de trébucher, sous peine de tomber dans le fossé.  Les supporters rouge et bleu redeviennent alors exigeants, passionnés, impitoyables quand la musique composée par Tony Britten se met à raisonner et que forcément vos poils se hérissent.

L’hymne de la LDC, vous savez celui qui vous donne la chair de poule.

On est à Paris, et on le sait, les parisiens sont des grincheux. Pourtant, la ferveur parisienne n’a en fait jamais disparue.  Malgré la hausse exponentielle du prix des abonnements et des places en virage, Boulogne et Auteuil, sont restées des tribunes « populaires », garnies d’inconditionnels du PSG, mais dorénavant on peut également y croiser occasionnellement un touriste suédois et sa compagne, grande, blonde avec des sacs Chanel déposés en consigne…un véritable changement d’époque.

Mateo G. H.

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