Abdelghani Merah se dresse contre les siens

Abdelghani merah

« Le linge sale se lave en famille ». Abdelghani Merah s’est mis à table pour se différencier  de la doctrine terroriste dans laquelle baigne sa famille. L’aîné de la famille Merah a co-écrit un livre « Mon frère, ce terroriste » (Éditions Calmann-Lévy) avec le journaliste Mohamed Sifaoui. Dans cet ouvrage sorti le 14 novembre dernier, il raconte la dérive des siens au fil des années. Le frère du tueur au scooter a rompu tout contact avec ses proches. Depuis la tragédie du mois de mars 2012 orchestrée par Mohamed Merah, la plaie est toujours ouverte. Le livre d’Abdelghani a tenté de refermer certaines blessures.

Selon Jovette-Alice Bernier, « Les pires histoires sont des histoires de famille ». La tâche n’a pas été facile pour le frère de l’homme qui a fait trembler la France pendant quelques jours en mars dernier. Tout au long des 220 pages, Abdelghani Merah fait face à lui même, et à l’histoire sombre de sa famille. L’auteur s’en veut terriblement de n’avoir pu empêcher son frère Mohamed de commettre l’irréparable. Pendant des années, il a vu Mohamed subir la dérive des siens vers une radicalisation salafiste et terroriste dont il s’est toujours désolidarisé.

Ce livre est une véritable thérapie par écrit. Le récit tente d’une part de faire la paix avec les démons d’Abdelghani et d’une autre part d’apaiser la douleur des familles victimes des crimes perpétrés par Mohamed Merah. La lecture du livre reste facile d’accès à tous. Au fil des chapitres, on découvre le calvaire d’Abdelghani Merah. De sa plus tendre enfance annihilée par ses parents au drame survenu en mars dernier, on vibre! L’émotion gagne chaque lecteur. On se rend compte que le plus grand des Merah s’élève contre les siens et s’est toujours dressé contre. Difficile de pousser les membres de sa famille contre leurs positions « archaïques » et « moyenâgeuse ».

Merah A

Les politiques se sont interrogés sur la présence de plusieurs Mohamed Merah en France. Marine Le Pen, reprise dans son livre par Abdelghani, a fait un amalgame entre un cas isolé et tous les musulmans de France. Selon la présidente du FN, il y aurait un terroriste en puissance en chacun des musulmans. Cela est faux et tout au long du livre le frère aîné des Merah va prouver le contraire. Le cas de Mohamed est bien particulier. Il ne s’agit pas d’un « loup solitaire » mais c’est plutôt le discours de son entourage qu’il l’a poussé vers une trajectoire chaotique.

La famille Merah ou une famille antisémite

Dans l’ouvrage d’Abdelghani Merah les dérives salafistes, planant chez les siens, sont exposées avec brio. L’aîné n’hésite pas à régler ses comptes avec sa famille. Il cite sa mère et son antisémitisme récurrent : « Ma mère a toujours dit que les arabes sont nés pour détester les juifs, c’est une phrase que j’ai entendue tout au long de mon enfance. (…) Mohamed a baigné dans tout ça, les salafistes n’ont fait que récupérer la bombe prête à exploser. Les salafistes ont été le détonateur ».

Le climat s’est assombri au fil des années dans la famille Merah. Le petit dernier de la famille, a récolté les fruits pourris d’une lignée antisémite. Les discours de Souad et Abdelkader Merah ont mis Mohamed sur les rails d’un aller mortel sans retour.

Abdelghani a toujours embrassé les valeurs laïques de la République. Vivre avec les siens se résultait à vivre en enfer. Heureusement qu’il a bénéficié de l’appui de sa femme, Sophie et de son fils Thibault ainsi que sa soeur Aicha. C’est l’amour de sa petite famille qui l’a sauvé. Le rejet de toute une fratrie s’explique lorsque l’on vit au milieu des loups. Abdelghani Merah affirme  avoir rejeté en bloc le racisme d’une famille qui n’est désormais, selon lui, « plus la sienne ». La catharsis par écrit était nécessaire.

Mohamed Sifaoui, l’artisan de l’ombre

Victime d’un accident de la route, Abdelghani Merah ne pouvait écrire son livre en un temps record. Il a fallu le concours de Mohamed Sifaoui pour parvenir à un résultat plutôt convaincant. Le journaliste est un inlassable pourfendeur de l’islamisme aux méthodes parfois controversées (comme l’usage de la caméra cachée).

Sifaoui Abdel

Dans la conclusion du livre, Mohamed Sifaoui félicite le courage d’Abdelghani d’une part. Et d’une autre part, il se réjouit qu’il existe un bon « Merah ». Selon lui, ce livre pourra faire taire les critiques. Dorénavant, quand les gens parleront de « Merah » ils pourront dissocier le bon du mauvais. Maintenant reste à savoir qui sera convaincu ou non du livre du frère au scooter ?

Ahmed MIZI.

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