Full Metal Molière ou le Trash Théâtre !

Auréolée du titre de meilleure comédie au festival d’Avignon deux années de suite, Full Metal Molière s’apprête à vivre sa dernière saison. Depuis 3 ans, cette pièce de théâtre très peu connue du grand public cartonne sur les planches du Point Virgule. Il était donc temps de mettre un coup de projecteur sur cette comédie originale, dans tous les sens du terme, écrite par deux artistes aussi différents que complémentaires.

FMM

FULL METAL Molière, c’est le pari de deux comédiens, Pierre-Emmanuel Barré et Bruno Hausler, devenus amis et complices au gré d’une rencontre au cours Florent il y a maintenant 5 ans. A l’instar de la bande du Splendid avec « Le Père Noël est une ordure« , lassés d’attendre les coups de téléphone de leur agent ou de recevoir ceux de leur conseiller Pôle emploi, ils décident d’écrire leur propre pièce et de la produire eux-mêmes.

Pitch ô mon pitch

L’histoire, au départ, est on ne peut plus simple. Deux acteurs ratés prennent en otage tout un théâtre pour infliger aux spectateurs une version très spéciale du Malade imaginaire. Que les profanes se rassurent tout de suite ! Ils n’auront nullement besoin de connaitre l’intrigue de la pièce de Jean baptiste Poquelin ou les profils de Cléante et Toinette pour saisir les références et l’humour de cette œuvre .

Le rapport au malade imaginaire et le postulat de départ ne sont que des prétextes pour partir dans des délires assez éloignés de la dramaturgie classique et arpenter l’univers déjanté des artistes principaux. Le spectateur découvrira en effet les secrets de la conspiration des jambons Madrange. Il aura la surprise d’un caméo tout en finesse de Michel Sardou et croisera la route d’un troisième larron, un acteur tout droit sorti de la pièce « Ma colocataire a de l’herpès ».

Trash Test

Cette œuvre, selon leurs auteurs, s’apparenterait donc à du trash théâtre. Un genre qui a pour principale caractéristique de se servir des codes du sixième art pour mieux les détourner. Qu’il est bon d’entendre Pierre-Emmanuel Barré citer Stanislasvski à son complice d’un soir qui lui a maladroitement tiré une balle dans la jambe. On se fend la poire à voir ces deux fêlés en costume cheap déclamer du Molière une kalachnikov à la main. Et on exulte lorsque les deux acteurs simulent un accouchement qui renvoient les étudiants de l’Actors Studio directement à leurs pénates.

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Hausler dire que c’est Barré

Mais ce qui frappe bizarrement dans cette pièce complétement loufoque et survitaminée, c’est son homogénéité. Le scenario alambiqué au possible, le manque de moyens ou la relative inexpérience des comédiens aurait pu créer un maelström dans lequel ils se seraient vite noyés Mais il n’en est rien. Les deux auteurs-acteurs maitrisent de bout en bout leur sujet et nous font passer 1h30 de rire non stop.

Plusieurs raisons peuvent expliquer la maitrise de cette petite pièce qui a réussi l’exploit de franchir la barre des 20 000 spectateurs depuis son lancement.

La première, et sans doute la plus importante, est que cette œuvre est le petit bébé des deux comédiens Pierre-Emmanuel Barré et Bruno Hausler. Écrite en totale collaboration, elle est le fruit d’un travail d’un an et de relectures pointilleuses avec le metteur en scène Patrick Mazet. Les rôles ont donc été écrits sur mesure pour ces comédiens qui assument préférer être auteurs que simples interprètes. On imagine alors aisément les penchants de travesti de Pierre-Emmanuel Barré dans la vie réelle et les talents cachés d’imitateur de Bruno Hausler. Une mention spéciale à Sébastien Chartier qui vient se greffer a ce simili duo et compose le rôle d’un petit homo haut en couleur.

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La deuxième raison est le texte en lui-même et le jeu des comédiens. Après avoir rodé la pièce dans plus de 300 représentations à travers la France (et même la Suisse), le joyeux trio maîtrise chaque temps du spectacle et se permet même quelques impros. Les dialogues sont ciselés, percutants et font mouche à chaque fois. C’est bien simple, il n’y a aucun temps mort ! Rien d’étonnant quand on connaît les références des deux auteurs, Michel Audiard et les Monty Pythons, entre autres…
Barré et Hausler, bien qu’ayant des cursus différents, ont en eux cette passion débordante pour le jeu et nous révèlent par petites touches leurs univers respectifs. Un coté très décalé et plus one-man-show pour Pierre-Emmanuel, très inspiré par Eddie Izzard. Et un coté plus cinématographique pour Bruno, plus habitué aux plateaux de tournage que son compère.
Ce mélange des genres arrive à créer une alchimie et même une complicité palpable par le spectateur qui se laisse à son tour entrainer dans les délires du duo. Et c’est là la troisième raison du succès de cette pièce : l’ambiance.

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Le syndrome de Stockholm

Généralement, lorsque l’on assiste à un spectacle vivant, on applique le principe bien connu des amateurs de catch, le kayfabe. On parle alors de suspension consentie de l’incrédulité chez le spectateur. Ici, ce principe fonctionne extrêmement bien.
Dès le début du spectacle, on est directement impliqué car mis en joue et pris en otage par deux acteurs aux airs de fous furieux. La limite entre la scène et le public s’effondre aussitôt pour permettre une emphase directe. Si l’on sait qu’il s’agit de faux preneurs d’otages, on n’a qu’une envie : écouter leurs demandes au risque que tout ceci finisse dans un bain de sang. Le théâtre tout entier devient alors une scène qu’on a du mal à quitter, même après la fin de la représentation.

Toutes ces raisons devraient, je l’espère, vous inciter à courir voir FULL METAL Molière qui se joue au Point Virgule tous les dimanches jusqu’à fin décembre. La joyeuse troupe partira ensuite en tournée d’adieu dans toute la France courant 2013. Et si je ne sais toujours pas ce qu’est exactement le trash théâtre, je vous laisse le soin de m’en donner une définition après avoir vu la pièce.

Grégory Ayala.

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Théâtre du Point Virgule

7 Rue Sainte Croix de la Bretonnerie, 75004 Paris

Métro Hôtel de Ville, Métro Montparnasse

Tous les dimanches à 18h45

Prix : entre 13 et 20 euros

http://www.lepointvirgule.com/

http://www.fullmetalmoliere.com/

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Le samedi soir, les filles ont le pouvoir !

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Rupture difficile, célibat prolongé, déception amoureuse… On a toutes une bonne raison pour écumer les bars un samedi soir à la recherche d’un bel inconnu. Celui là même qui vous fera oublier vos petits soucis le temps d’une soirée. Mais attention, pas question de passer la nuit avec n’importe qui ! Le tout est de trouver la bonne cible…

« Les filles, ce soir on sort ! », tout est dit… Ce soir, c’est le soir, c’est votre soir ! Ni votre ex persistant, ni votre meilleur ami un peu collant, ni même Danse avec les stars et le pot de Ben&Jerrys qui traine dans votre congelo, ne réussiront à vous corrompre. Car oui, vous êtes bien décidée à l’oublier ! Celui là même qui, quelques jours plus tôt, vous a envoyé un SMS pour vous annoncer la rupture fatidique. Ce qui est d’une rare lâcheté soit dit en passant… Enfin bref, il est grand temps d’appeler le crew du samedi soir pour remédier à la situation. Préférez ici des amies drôles et extraverties, plus de chances de vous faire remarquer et donc d’attirer la marchandise ! Et surtout, surtout, aucune présence masculine ne doit être conviée à la soirée. Il risquerait de mettre la mission en péril.

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Mauvaise idée.

Bout de tissu

Vient ensuite la préparation vestimentaire ! Etape cruciale pour toute femme qui se respecte. Le but étant, je vous le rappelle, de repartir avec un bel inconnu au bras. Alors les filles, n’ayez pas peur et mettez vos atouts en valeur. La petite robe noire légèrement décolletée fera parfaitement l’affaire. Oubliez les jupes léopards et le maquillage affriolant, personne ne voudrait d’une cougar avant l’âge. Préférez ici une tenue qui vous mettra en valeur, sans trop en montrer. Les hommes aiment le mystère. Source fiable ! Ca y est, vous êtes parée. Mais le plus dur reste à venir…

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De toute manière vous ne lui arriverez pas à la cheville.

Bacher les relous

En boite de nuit, dans un bar ou à une soirée organisée par le copain de l’amie de votre camarade de classe (où vous vous êtes subtilement incrustée), il y aura toujours le relou de base. Celui qui vient vers vous, rempli d’espoir et animé par une volonté de fer. Il passera alors la soirée à vous coller en tentant des approches, plus maladroites les unes que les autres, pour ésperer vous séduire. Surtout, ne vous laissez pas soudoyer par les six verres qu’il vous a offert. Pas de scrupules ! S’il persiste, appelez à l’aide du côté de vos amies. Par compassion, il y en aura bien une qui prendra le relais ou qui réussira à vous tirer de là le temps d’une chanson. Vous pouvez aussi feinter un début de gastro ou une schizophrénie accentuée ! Et encore, certains n’ont peur de rien… Enfin, laissez libre cours à votre imagination, il y a bien quelque chose qui finira par le déstabiliser.

Choisir sa cible

C’est sûrement l’étape qui vous demandera le plus de concentration et de discernement. Chose impossible à faire après 4 vodka pomme ! Il est donc impératif de s’y prendre en début de soirée. On oublie de suite le barman ultra-sexy que les 50 minettes à côté de vous essaient déjà de draguer. Il y a des risques pour qu’il ne vous rappelle jamais, et ce malgré votre danse effrénée sur le comptoir du bar. N’y voir ici aucune expérience personnelle. On oublie également le pilier de bar, enraciné sur ce tabouret depuis 16h de l’après-midi. Faut-il vraiment expliquer pourquoi ? Malheur à vous si vous tombez sur le mec qui vous parle à voix basse, feinte de l’homme mystérieux. Le Barney Stinson de référence. Les règles, il les connait par cœur ! Il faudra être plus maligne que lui, et ici c’est quitte ou double.

Reste alors le mec pas très séduisant mais plutôt sympa. Il se trouve généralement entre deux potes et n’osera vous parler que lorsqu’il aura été défié par ses amis. N’allez surtout pas le rembarer. Question d’égo ! Et puis, on ne va pas se mentir, au moins vous pourrez avoir une discussion intéressante avec lui. Bien plus qu’avec le mec tatoué adossé au bar. Lui aussi présente quelques atouts… On peut les apercevoir à travers son tee-shirt noir moulant. Mais là encore, prenez garde, n’allez pas le considérer comme un simple bout de viande. L’homme aussi a une sensibilité !

Awkward.

Awkward.

A l’attaque !

Maintenant, vous avez le choix… Et quel choix ! Ici, chacune sa technique. Rien n’est infaillible ! Quelques astuces peuvent toutefois vous rendre la tache plus facile. Pour #lemecsympa, mieux vaut opter pour une discussion raffinée dans laquelle vous laisserez entrevoir votre pseudo vulnérabilité. Il se fera un plaisir de vous consoler et de vous complimenter. N’hésitez pas à lui dire à quel point il est gentil ! Il ne faut par pour autant délaisser vos atouts principaux, un petit sourire, et un léger contact physique devrait l’émoustiller.

Pour l’#hommeobjet, rien de plus simple. Commencez par feinter de ne pas être intéressée. Il suffit pour cela de rigoler très fort à quelques mètres de lui, le tout entourée d’une meute de garçons. Pas si facile, c’est vrai ! Autre option, le frôler légèrement en passant pour sortir prendre l’air. Attention, la démarche doit être ici impeccablement travaillée. Ni trop osée, ni trop coincée, il faut qu’il vous remarque ! Vous pouvez également tenter de le complimenter sur sa musculature impressionnante à en faire pâlir plus d’une. Ils adorent ça. Source fiable toujours !

Le bon choix

Bon et si avec tout ça, rien ne marche, retour à la bonne vieille technique. Quelques verres avec les copines, jusqu’à ce que vous soyez assez dévergondée pour inviter votre bel inconnu à danser. Et là, si la nature ne vous a pas trop mal gâtée  vous n’aurez aucun mal à jouer de vos charmes. Attention toutefois à ne pas abuser de l’alcool. Le matin pourrait vous être fatal. L’#hommeobjet vous fera gentiment comprendre qu’il est temps de partir. Maquillage de la veille, collant troué et le mot « honte » affiché sur le front, à vous les regards de pitié dans le métro !

Avec un peu de chance, #lemecsympa vous offrira peut être le petit dej et peut être même un second rendez-vous. Et là c’est en option ! A vous de voir. Dans tous les cas, vous ne regretterez pas votre nuit. Car oui, même si vous ne le rappellerez sûrement jamais, il vous a donné, le temps d’une soirée, confiance en vous ! Arme ultime pour reprendre le pas sur une déception amoureuse. Et surtout, vous n’en aurez pas honte lors du debrief matinal avec les copines lâchement abandonnées la veille.

Brunch du dimanche matin, la gosse en moins.

Brunch du dimanche matin, la gosse en moins.

S.